Blade Runner 2049

Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques?

Trente-cinq ans plus tard on serait bien incapable de vous répondre. Cette manie hollywoodienne de faire du neuf avec du vieux, soi de faire sans arrêt des reboots pour relancer des franchises qui avaient le mérite d’être originales, faisait craindre le pire avec cette suite cinématographique.

La pensée Dickienne n’est pas vraiment chose aisée à manipuler. Inspirée directement de la fameuse maxime cartésienne  » Je pense donc je suis« , celle-ci instille le doute sur le fait de vraiment exister et de se demander si tout ce qu’on voit autour n’est pas crée pour nous donner l’illusion d’exister. Ça a particulièrement inspiré Akira, Ghost in the Shell ( le manga, j’entends bien), ou la trilogie Matrix qui ira jusqu’à caricaturer le concept en le complémentant de scènes de combats lourdingues et redondantes.

Oubliez tout ce que vous avez vu en 2017. Visuellement, cette séquelle est une tuerie. La cavale de Deckard et de Rachel, voir le premier volet, continue de laisser des questions en suspens et d’embarrasser certains intérêts. En s’abstenant de spoiler disons que le film aborde clairement des questions liées au transhumanisme et au clonage industriel en montrant ce qu’il reste de l’humanité en train de s’intoxiquer dans son propre consumérisme sans limite. Tout cela crée un vide. Un vide dans lequel les personnages cherche à y enraciner leurs individualités, et donc à se remettre en quête d’une humanité vue comme le Sacré Graal.

Il y a pas mal de clins d’oeil à des jeux vidéos de type futuristes, à de la littérature Cyberpunk, ou à des mangas post-apocalyptiques- voir pour le personnage interprêté par Jared Leto.

 

Les personnages s’articulent comme des animaux-mâchines via des répliques bizzaroïdes confinant dans l’aliénation, des gestuelles  atypiques dans des décors fidèles qui font penser à ces productions SF des années 80. On ne peut s’empêcher de repenser aux fameuses voitures volantes dont on nous assurait, pendant notre enfance, qu’elles viendraient sur le marché dès l’an 2000. Avoir choisi Ryan Gosling pour « succéder » à Harrison Ford se révèle payant, même démarche, même silhouette de dos qui enfonce les mains dans ses pôches, quoique avec un brun de mélancolie. Jared Leto n’apparait que très peu, mais ses apparences dans ses scènes de clair-obscur ( omniprésentes dans le film) nous évoque ces puissants tel Howard Hugues qui finissent par s’isolder du monde qu’ils veulent à tout prix posséder en s’imposant comme de nouveaux dieux, tant qu’ils en viennent à devenir un personnage pris au piège dans la Caverne de Platon, et c’est son  » ange » interprêtée par Sylvia Hoeks coiffée comme Rachel- les Hollandais feraient-ils donc de parfaits antagonistes pour cette franchise?- qui se coltine les basses-tâches tout au long du film. Le rapport du héros aux femmes est d’ailleurs bien pire que celui de son prédécesseur, sans arrêt tiraillé entre la chair et le virtuel alors que Deckard tombé amoureux devant la perfection réplicante crée sous les traits de Sean Young.

Le film fourmille de séquences explicites sur la sexualité et de corrélations évidentes avec la société de consommation- hologrammes, créatures charnels; ou les deux ( spoilers).

Harrison Ford apparaît très peu, lui aussi. Au cours d’une scène où il est  » confronté à ses réminiscences » son personnage fait entendre que la notion de beauté, Le Beau, est en fait momentané et suggestif- et le personnage, tassé depuis le premier volet, est bien placé pour le savoir puisqu’il tente de palier à sa solitude par de la nostalgie seul vestige d’humanité possible en dehors de ces champs de ruines après catastrophe ( Aftermath).

 

Maintenant, ce second volet est-il mieux que le précédent? Non, catégoriquement. En fait, les résultats différent tellement que ce serait bête de faire une comparaison. La musique joue un rôle d’importance et s’adapte aux scènes, dans la continuité de celle de Vangelis. Le Blade Runner sorti en 1982 est devenu un film culte au fil des décennies et influence, toujours aujourd’hui, des productions SF. Le scénario de ce second volet est tout de même un peu tiraillé vers la fin, même si c’était un peu nécessaire, et l’amputer de dix ou quinze eut été mieux ( bon pour ceux voulant une scène finale équivalente à celle où Rutger Hauer se s.., enfin bref, vous risquez de partir un peu déçu).

 

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