La première règle c’est d’en parler!

Annoncé comme la révolution cinématographique du XXIe siècle avec son premier opus la trilogie Matrix, finalement, s’est révélée irrégulière et n’a marqué qu’au fond une génération qu’on appellera Geek. Si on est dans la vertu alors la Trilogie du Seigneur des Anneaux a tout ce qu’il faut. Pour mieux résumer le tournant sécuritaire- voire schizophrénique- des USA post-11 Septembre la trilogie Batman de Nolan a réussi le tour de force en combinant réalisme d’école européenne et mythologie de la figure héroïque tourmentée ( même si le dernier est décevant comparé au second opus qui était de haute volée avec un joker au summum de sa folie nihiliste). Pour un conte de fées repris sous les codes du néo-noir Drive peut faire l’affaire. Mais si il en est dont « il faut parler » c’est de ce film visionnaire tiré du roman déjanté de Chuck Palahniuk.

Aux USA le film, commercialement parlant, a fait un bide.Mais à l’instar du premier volume de Matrix- ils sont sortis la même année à deux mois d’intervalle- il a fait l’objet du genre de critiques nullissimes que produisent aujourd’hui les membres du groupe gnagnan Citoyens de Gauche contre le conspirationnisme et l’antisémitisme ou encore les tenants de la bien-pensance de droite qui y ont vu une apologie du terrorisme- en contrepartie du groupe Facebook cité vous avez aussi des conspis cons comme des balais qui y voient une propagande satanique!!!

Cette année cinématographique, 1999, était marquée par l’indigeste épisode numéro un de Star Wars ( La menace Fantôme) qui devait inaugurer une deuxième trilogie fade qui gâchera toute la magie apportée par son ainée ( les épisodes IV, V, et VI), et dans ce pays où les cinéphiles sont prêts à camper dix jours avant la première projection d’une saga qui a marqué les esprits parce que spectaculaire, que dans un pays encore hypnotisé par les exploits de Schwarzeneger et de Stallone qui règlent les problèmes du monde à coup de tatanes et de lance-roquettes, on se doute bien que les thèmes exploités par un film  » politiquement incorrect » ne sont pas ceux devant lesquels on prendrait bien un soda et des pop-corn.

Le même magazine, Première, qui donnait trois étoiles au stupide Star Wars III: La revanche des Sith (peut-être était-ce de la comédie style Hot Shot…putain, mais ils les ont payé combien)…avait eu le mérite de se poser la question quant à la portée culturelle de Fight Club qu’il estimait- implicitement- largement supérieure à celle de Néo qui admoneste une raclée à plus de cent agents Smith. Au cours de leurs interview où on leur ressassait les accusations délirantes- que le film promouvait l’ultra-violence, le terrorisme, voire le fascisme ( accusation classique)- Brad Pitt et Edward Norton avaient au contraire expliqué en quoi le film devait montrer les chemins qui y menaient.

Une autre adaptation devait aussi montrer le côté noir de cette Amérique consumériste qui ne peut produire rien d’autre que des individus cyniques et narcissiques (dépourvus de morale): celle du American Psycho de Bret Easton Ellis…qui s’avérera décevant dans la mesure où les scènes de torture comprises dans le livre ont été bannies du scenario ( aux USA avec tous les aléas du star system et le lobbying des associations bien-pensantes c’était du pur « suicide commercial » que de produire un film interdit aux moins de dix-sept ans…jusqu’à l’arrivée du DVD). Finalement,  les Lois de l’Attraction– une autre adaptation d’Ellis- produiront une meilleure peinture en s’attaquant aux jeunes universitaires américains décérébrés par le Sex&Drugs&Rock’n’Roll ( mais là encore commercialement c’est un échec).

Heureusement qu’un pays comme la France a encore sa tradition intellectuelle.

Un employé d’une grande marque, vivant dans un appartement meublé Ikéa, et dans l’esprit duquel se produit une schize ( fracture)…on est plus proche du Double de Dostoïevski que de La Vey ou d’Hitler!

Nombre d’individus se sont aussi focalisés sur la violence des scènes de baston. Naturellement, il y a le second degré qui joue et qui procure les rires. Mais au fond que nous montre le film…que lorsque un consommateur n’est plus satisfait il devient mécontent au point d’en perdre la raison. Qu’il va se placer comme victime de son propre vice, alors que rien ne l’obligeait vraiment à choisir ce mode de vie qui consiste à s’épanouir en possédant ce qu’on achète. Qu’un consommateur mécontent est tel un toxicomane qui va sentir les premiers effets de carence tout en voulant se sortir de sa dépendance.

Hello I'm Bob

Minute, ça vous rappelle rien? Les membres des formations alternatives sont dans le même cas de figure. Aujourd’hui, l’ordre est clairement consumériste. CNN et NFL aux USA, TF et Ligue 1 en France. Plus de bruit de bottes mais le canapé avec la télé pour réconforter.

Dans quoi s’enracine la révolte ( ou la crise) du personnage principal? Par le fait de s’être frayé un chemin dans des associations de laissés pour compte ( cancéreux, alcooliques, drogués) que toute société consumériste sait mettre à l’écart avant de les ressortir le temps d’une pub histoire que le spectateur ( consommateur d’images lambda) les prenne en pitié, débourse une petite somme destiné à lutter contre le mal ( et dont une bonne partie iront garnir le compte en banque des businessmen de l’émotionnel), et qu’il finisse par pleurer afin qu’il se plie à une logique d’abrutissement massif. Le paradoxe est là: une société tellement égocentrique où les individus sont obligés de créer des sphères pour parler de leurs maux.

Marla Singer

La crise, ça vient quant on se dit crûment  » Je me suis fais baisé par le système!« . Quel est alors le premier des objectifs qui nous vient à l’esprit pour mener à bien la lutte essentielle: faire tout péter, pardi! L’anéantissement du système esclavagiste auquel on consentait peu de temps avant la prise de conscience. Même fou l’Homme sait que tout est une question de Technique. Là nous apprenons que le savon contient suffisamment de composants chimiques pour faire exploser des locaux d’enseignes ( et que la graisse humaine peut être une matière première, autrement dit nous sommes nous-mêmes des éléments explosifs en puissance).

Reste une contrepartie et pas des moindres. La destruction de l’Ordre amène le Chaos, et le Chaos amène l’Ordre. Pour détruire l’Ordre il faut une hiérarchie qui puisse coordonner la destruction de l’Ordre. Et ce qui au départ s’annonçait comme une prise de conscience finit par muter en aveuglement, à du fanatisme- pour ne pas radoter on peut dire que c’est le cas de quelques collectifs regroupés autour de gourous qu’on a souvent l’occasion de voir dans des vidéos Youtube, et au final ils se font plumer puisqu’ils vont condamner ce à quoi leurs idoles s’adonnent ( à du business).

Tout détruire pour tout reconstruire…mais à condition de ne pas rebâtir la même chose.

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2 réflexions sur “La première règle c’est d’en parler!

  1. “We wanted to blast the world free of history…. picture yourself planting radishes and seed potatoes on the fifteenth green of a forgotten golf course. You’ll hunt elk through the damp canyon forests around the ruins of Rockefeller Center, and dig clams next to the skeleton of the Space Needle leaning at a forty-five degree angle. We’ll paint the skyscrapers with huge totem faces and goblin tikis, and every evening what’s left of mankind will retreat to empty zoos and lock itself in cages as protection against the bears and big cats and wolves that pace and watch us from outside the cage bars at night.”

    La vision de Tyler est un ecroulement monetaire et ce passage laisse entrevoir ce qu’il pense de l’apres la fin du film… savhant que le bouqin differe un poil.

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