Top Gun: Maverick

36 ans après le premier volet, Tom Cruise rempile pour le rôle qui lui aura donné sa notoriété à l’international.

Pete  » Maverick » Mitchell avait une carrière toute tracée devant lui. À l’instar de son ex-rival et désormais ami Tom « Iceman » Kazansky dont la santé est déclinante, il aurait pu grimper les échelons jusqu’à devenir amiral. Au lieu de ça, il a refusé toutes les promotions possibles par amour envers sa passion de toujours: piloter des avions de chasse.

Toujours prêt à aller au-delà de ses limites d’un corps vieillissant, malgré le scepticisme de sa hiérarchie, Maverick reste le chien fou obsédé des records à battre en Mach 10 et régime hypersonique. Ceci lui vaudra de se retrouver à un village d’Amérique profonde après un test tournant au fiasco. Son ami Iceman lui sauvera la mise en le faisant muter comme instructeur à l’école de Top Gun, où ils se sont connus lors du premier film, et où il devra s’occuper d’une nouvelle promotion d’aviateurs en formation foufous et naturellement gonflée d’egos.

Parmi lesquels se trouve le fils de son meilleur ami, Goose, mort au cours d’un exercice.  » Rooster » aura lui maille avec  » Hangman » le plus destroy de la bande.

Le deuxième volet dépasse qualitativement son prédecesseur. Les dialogues entre personnages, les prises de vues, sont plus sérieux et laissent place à une notion de temps contre laquelle Maverick entend lutter alors que d’autres personnages ( les plus âgés) s’y sont fait.

Le casting est bien pensé. Glen Powell, Miles Teller, Monica Barbaro, Jay Ellis, et Lewis Pullman, incarnent des recrues insouciantes. Jennifer Connelly en mère célibataire donne le ton juste. Et une petite larme à l’œil pour la scène avec Val Kilmer lui-même diminué après avoir été opéré d’un cancer à la gorge.

Les scènes de vols et de combat, forcément au rendez-vous, tiennent de la démence vertigineuse en 360°. On comprend pourquoi ça rêve là-haut, dans un certain ministère, d’avoir un Top Gun français. Toutefois pour obtenir de tels mouvements d’images hyperréalistes soignées jusqu’au plus petit des détails, il faut mettre les moyens et surtout pondre des scénarios vraiment crédibles à l’inverse des Chevaliers du Ciel. Le cœur palpite devant la bataille finale productrice d’émotions fortes, et, aussi, de deux clins d’œil au premier volet.

 » Top Gun: Maverick » envoie du rêve et du lourd aussi. Selon des magazines, les acteurs auraient pris des cours de pilotage sous la houlette de Tom Cruise. Pour que ça fasse réel et que ça . La Technique est ce qui a permis à l’Homme d’évoluer, tout le reste- les idéologies, les croyances- n’est que décor. Par la Technique L’Homme ( l’humain) a pu découvrir le feu et être dominant par rapport aux autres espèces. C’est aussi la Technique qui permet à la nation US d’exercer en ce moment même un leadership avec le Lockheed Martin F-35 Lightning II a.k.a F-35.

L’armée de l’air, d’ailleurs, c’est la Technique avant tout. Ce qui englobe tout: technologie, stratégie, calcul, petit détail, prise en compte des paramètres ou du contexte suivi de l’adaptation.

Puis chose sympa: l’ennemi n’est pas désigné par un nom particulier. Le spectateur sait juste qu’il est hostile aux USA. Même si, bon, le nombre d’armées disposant de Su-57 dans le monde est assez réduit…

Mais…

Le point noir du film: Tom Cruise. Tom Cruise est un excellent acteur et dans ce film sa performance est bonne. Le souci n’est pas là. Précédemment, Lee Child auteur des Jack Reacher disait que Tom Cruise mériterait de passer à autre chose que des films d’action avec cascades interminables. Donc Maverick, héros incompris, illustre le culte de la performance avec teintes et passages aux bistouris pour l’acteur chargé du rôle. Maverick suit son instinct, vu son âge il a l’expérience et peut se permettre de clouer le bec à ces âmes aigries de supérieurs hiérarchiques ( sans arrogance, mais leur cloue le bec quand même). Il est traversé de doutes mais son esprit du never give up demeure. Cette notion de dépassement de soi au sein de l’armée américaine, qui a été reprise par ses consœurs française, anglaise, israélienne, voire par toutes les armées modernes, celle-ci vient d’un dévoiement de la pensée nietzschéenne faîte par le Troisième Reich. L’idéologie raciale en moins. On la trouve aussi maintenant au travers des films hollywoodiens, dans beaucoup d’entreprises de par le moins, ou même dans les sports collectifs ou individuels. Cela fait plusieurs fois que dans sa filmographie l’acteur interprète le modèle-type du héros leader ou capitaine d’équipe qui suit son instinct quitte aller contre vents et marées, qui fait cavalier seul: dans les Mission Impossible dont il a saccagé l’esprit initial, et dans une version revisitée de L’Opération Walkyrie où il incarne une version idéalisée de Claus Von Stauffenberg. Dans Le Dernier Samouraï, il incarne un occidental qui va intégrer un groupe au travers duquel se trouverait des vraies valeurs traditionnelles. On s’écrierait volontiers  » C’est un acteur! » mais son rôle maintes fois évoqué par des enquêtes de journalistes- et d’activistes- au sein de l’Église de Scientologie fait qu’on a non pas affaire à un adepte lambda, mais à un membre important qui même calmé dans son prosélytisme est quand même un lobbyiste, voire même sa grande vitrine si ce n’est son ambassadeur, et on ne pourra pas donner tort aux plus critiques qui verront des promos subliminales de L. Ron Hubbard.

Il y a aussi cette drôle d’histoire autour du producteur Russe Valerii An. Mais là, ça ne touche pas à Tom Cruise mais à Paramount.

Puis sur le fond c’est un peu dégueulasse d’avoir écarté Kelly McGillis…

Top Gun: Maverick est un film de propagande [réussi] produit par Jerry Bruckheimer, dont la filmographie en tant que producteur comporte à boire et à manger, mais on a tout de même Crimson Tide et Black Hawk Down.

L’armée américaine a tout intérêt de surfer sur la vague pour ses campagnes de recrutement et, ici, de toucher toutes les catégories de populations sur son sol via le choix des acteurs. Gageons qu’elle saura trouver les mots pour convaincre les prétendants qu’il existe d’autres métiers que celui de pilote.

Note: 7,5/10.

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