Don’t Look Up: Déni cosmique

Avec les sorties respectives de cette fin d’année, parmi lesquelles on a le quatrième volet de Matrix, ou le Spider-Man: No way home, la révélation ne se fait pas forcément là où on l’attend.

De loin, Don’t Look Up: Déni cosmique doit être la production SF la plus acide depuis Idiocracy qui traitait de la baisse de QI au niveau mondial, ou voire depuis Starship Troopers de Paul Verhoeven qui tournait en dérision le militarisme US en y incorporant des éléments relatifs à la propagande nazie ( sens du devoir aveugle, culte de l’Action,) et qui lui ont valu en retour des volées de bois-vert.

Vous avez deux scientifiques incarnés par Jennifer Lawrence et Leonardo Di Caprio méconnaissable sous ses kilos superflus. Ceux-ci découvrent l’existence d’une comète dont la trajectoire va droit sur la Terre. En clair, il reste six mois avant qu’elle ne ravage la terre et tue tous ses habitants. Immédiatement, les scientifiques décident d’alerter les autorités et, flanqué du directeur de la coordination pour sauver la planète ( Rob Morgan), se retrouvent à patienter interminablement dans un couloir de la Maison Blanche. Lorsqu’ils sont enfin reçus par la présidente ( Meryl Streep) et son fils infect joué par Jonah Hill, la désillusion est totale. La chef d’état censée prendre ses responsabilités prend ça à la légère, cherche à relativiser, et son fils renchérit en essayant même de contredire les estimations scientifiques au pourcentage près.

Prenant leur courage, nos scientifiques décident d’aller tout balancer depuis un plateau TV- qui évidemment privilégiera la relation d’une starlette- Ariana Grande en plein exercice d’auto-dérision- à l’annonce de l’arrivée d’une comète, ou enfin disons que c’est mis au même plan. Magistrale Cate Blanchett en présentatrice cynique sous son aspect pétasse des plateaux télévisés.

Ce qui aboutira sur un pétage de plomb du personnage joué par Jennifer Lawrence, puis par les arrestations respectives des trois scientifiques, puis sur des excuses de la Présidente en personne qui décide finalement de monter une expédition contre ladite comète…

Laquelle sera annulée juste après le lancement car la présidente affirme que son sponsor et ses équipes de chercheurs prétendent avoir découvert que la comète détenait des matériaux pouvant solutionner la faim dans le monde. Hallucinant Mark Rylance qui interprète ici un businessman, créateur technologique, sorte d’Elon Musk gâteux qui joint à la croyance inébranlable vis-à-vis de la technologie sa propre surestimation de ses capacités intellectuelles.

Ce monde-là mérite-t-il d’être sauvé? Spoiler: non!

Au programme: faux débat, fake news, hystérie des réseaux sociaux, narcissime, campagnes politiques mensongères, cynisme électoral, si tout ça ne vous rappelle rien…

Il suffit juste de troquer la comète par le Climat (ou le Covid) pour saisir que c’est une allégorie sur ce que nous sommes en train de vivre. Don’t Look Up est une satire SF impitoyable sur la société consumériste moderne américaine se croyant invincible, à l’abri de tout, et qui le jour de la Catastrophe n’aura plus que sa panique pour réaliser l’ampleur du désastre. On peut également prendre cette critique pour nous vu que nous suivons le modèle US.

8/10 pour Adam McKay et on n’a certainement pas fini non plus d’entendre parler de Thimothee Chalamet.

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