Néonazis dans l’armée française: un tabou?

À partir de combien de saluts nazis effectués par ses soldats peut-on dire qu’une armée a un problème ?En France, le ministère des armées estime n’être touché que « de manière très limitée » par les phénomènes de radicalisation – et donc a fortiori par la présence de militaires d’extrême droite violente –dans ses rangs. Interrogé sur nos dernières révélations concernant la présence de néonazis dans ses rangs, le ministère persiste à estimer que « ces comportements condamnables relèvent du domaine de la dérive individuelle ». Sebastien Bourdon, article de Médiapart intitulé  » Néonazis dans l’armée: la longue litanie des «cas isolés» ».

Un problème de biais?

Nous sommes- sans doute aucun- redevables envers ces hommes et ces femmes qui, du soldat jusqu’au plus haut gradé, peuvent prendre une balle pour nous sur un théâtre d’opération. On ne peut être qu’indigné par la façon dont ces soldats ont été considérés par des bureaucrates/technocrates. Et sur lesquels des individus de la sphère indigéniste/décoloniale, afro-centristes, et anti-impérialistes, trouvent toujours un prétexte pour cracher dessus.

Cependant, ce n’est pas parce que des connards sortent des immondices qu’il faudrait fermer les yeux sur des choses graves. Ce n’est pas  » islamogauchiste » ou  » gauchiste » tout court de pointer que certains profils inquiétants servent sous les drapeaux, pas plus que ce ne serait  » fasciste » ou  » Lepéniste » de démontrer qu’effectivement l’adhésion d’un petit noyau d’universitaires à des concepts de facultés américaines devient problèmatique dès lors que l’enseignement s’entremêle à des raisonnements idéologiques biaisés.

Et justement, dans cette histoire, la lecture du problème part d’analyses biaisées.

Où ailleurs dans le monde, notamment en contrées anglo-saxonnes, allemandes, ou scandinaves, on a compris que le phénomène complexe de radicalisation ne se limitait pas aux seuls partisans d’al-Qaida et de l’État Islamique, en France ce terme de  » radicalisé » est quasiment synonyme de  » barbu musulman » et le flou est entretenu parce que ce mot définit aussi bien des gens arrêtés dans le cadre d’enquêtes autour de projets terroristes avérés que la majorité des gens qui font leurs prières ( si on en croit les Identitaires, les ex-Muzz, et les laïcards). Et ces conneries vont loin dans la mesure où les gros titres des médias n’hésitent pas à coller le mot terroriste lorsque ça concerne des individus en liens avec des groupes jihadistes, mais ont eu du mal à parler d’attentat ou de terrorisme quant il s’agissait d’un vieillard qui tentât de tuer des musulmans à la mosquée de Bayonne et de la tuerie de Christchurch.

Au passage, non le terrorisme n’est pas un domaine réservé aux Arabes, aux musulmans sunnites ou Chiites. Menahem Begin fut un terroriste d’extrême-droite. Il y a eu aussi du terrorisme d’extrême-droite en Italie pendant les Années de Plomb; et inversement, en Italie lors de ces mêmes années, il y en a eu un d’extrême-gauche. Comme le Pérou a connu ses années noires avec le Sentier Lumineux d’obédience maoïste. L’Allemagne eut la Bande à Baader ou officiellement Rote Armee Fraktion. Nous eûmes Action Directe. Le terrorisme n’est qu’un moyen de propager une idéologie assortie de revendications ( délirantes ou pas). L’IRA s’est solidifiée sur un ressenti catholique ( même si elle a compté des agnostiques et des Marxistes) et l’Ulster Volunteers Force se basait un extrémisme protestant, mais toutes deux ont recouru à ce « moyen ».

Le problème est qu’en France il y ait déjà cette primauté des semblants d’analyses biaisées des polémistes ( souvent à droite) sur l’analyse pure et dure. Problème qu’on retrouve aussi sur certaines grilles de lecture d’experts terro, d’ancien mili, ou même d’analystes. Combien de fois voyons-nous des Gilles-William Goldnadel ou des Alexandre Devecchio nous sortir ce genre de phrase toute trouvée:  » On parle de l’extrême-droite, on nous prend la tête avec les nazis, mais pas une seconde on parle de islamogauchistes! Les Islamogauchistes! Les islamogauchistes!« 

Il y a fort à parier que la DRSD, qui s’occupe de sécuriser les infrastructures militaires ainsi que les entreprises du pays qui travaillent en relation avec le secteur Défense, ait aussi eu cette faille de considérer comme  » radicalisés » les seuls cas de militaires surpris pour avoir les idéaux de nos ennemis du Sahel et de la zone MENA jusqu’au Pacifique. Sur ça la DRSD et les institutions militaires dans leur ensemble ont assuré, ont pris les devants nécessaires contrairement à ces sornettes débitées par des idiots de militants laïcards et identitaires qui aiment se faire peur. Or, quand on creuse un peu les profils des officiers dans les institutions militaires, le nombre de catholiques traditionnalistes est assez fort ( notamment dans l’armée de Terre et la Marine, moins dans l’armée de l’air). Qu’on soit bien clair être « catho tradi » n’est pas en soi un critère pour figurer dans la liste des criminels les plus recherchés de la planète, qu’observer une messe en latin n’est pas synonyme d’être tueur en série.

Toutefois si il est question d’appartenance à un cercle de pensée néo-franquiste proche de l’Action Française ou des bondieuseries de type civitasienne, c’est problématique!

 » Cela étant, on peut reconnaître qu’une culture « catho tradi » des officiers (là où elle existe) est sans doute globalement plus permissive envers certains débordements ou gestes d’extrême-droite (qui souvent sont plus troubles et moins néo-nazis que ce qui est pointé ici)« , dixit Alexandre Jubelin.

Un problème de représentation?

Dans sa définition même le mot néonazi signifie quelqu’un qui adhère à l’idéologie du IIIème Reich et pas forcément un bonehead ou un skinhead dont le mode de vie marginal serait plus proche des Punks, des loubards d’antan, ou de gangs de motards, en fait. Les skinheads politisés ne sont pas tous d’extrême-droite, on trouve aussi des skins antiracistes ou dit Redskins. À droite toute ça se divise entre des skins proche de mouvances (ultra-)nationalistes, et les plus célébres qui incorporent du folklore nazi. Pour certains néonazis purs et durs, qui observent des modes de vie plus classiques conformes aux principes du 3ème Reich, familles nombreuses, sédentarisme, les boneheads ne sont rien d’autre que des dégénérés. Ensuite, et c’est là où ça se complique un peu, mais tous les suprémacistes Blancs et Identitaires ne sont pas tous dans l’adulation du régime Hitlérien: certains le considèrent comme une page de l’histoire, d’autres sont passés à « autre chose » sans pour rester infidèles à leur sentiment d’appartenir à une race prétendûment supérieure, d’autres sont en faveur « d’une démocratie entre-nous », puis il y a les régionnalistes, les autonomistes, les païens.

Mais actuellement ce que certains observateurs désignent par  » Nazi » n’est ni la caricature du skinhead bête comme ses pieds, ou le collectionneur d’images Panini qui cherche à compléter son album dédié à la Waffen SS.

Quiconque a un peu observé le conflit Ukrainien par des yeux neutres a pris la mesure du danger. Nombreux sont les journalistes occidentaux à avoir décrit avec exactitude les méfaits de l’agression commise par Vladimir Poutine à l’encontre de l’Ukraine, et les médias- français notamment- n’ont pas manqué l’occasion de souligner des présences de militants d’extrême-droite dans les rangs des insurgés du Donbass. Certains ont souligné qu’il y en avait aussi chez les rangs des ultra-nationalistes ukrainiens, mais moins. Disons que par hostilité envers Poutine, qui est largement assez compréhensible, les journalistes ont beaucoup plus pointé les pro-Russes que les autres. Paul Moreira avait mis en évidence l’idéologie commune d’Azov ainsi que de Svoboda, mais sa minimisation de l’invasion Russe ne fut pas du goût de tous.

Il est évident que la Russie a cherché à redorer son blason en lançant ses médias de propagande sur le sujet, Sputnik et Russia Today pour ne pas les citer. L’occasion était trop belle pour le dirigeant d’un pays qui a été à maintes reprises critiqué pour sa complaisance envers des mouvements néonazis et ultranationalistes fanas de chasse aux étrangers qui ont nourri des rubriques faits divers, et qui appuie sans hésiter des formations européennes racistes et conservatrices.  » Tenez, regardez. Vous voyez! Nous combattons les nazis ukrainiens que l’OTAN a envoyé pour détruire notre Nation!« .

La Russie a au moins une société militaire privée dont les membres sont pointés du doigt pour la dégradation d’une mosquée en Libye et dont le chef des opérations semble arborer certains tatouages significatifs. Sans compter le Mouvement Impérial Russe qui est à l’heure actuelle sur liste noire pour avoir entrainé et construits des liens avec des formations néonazies violentes.

Pour revenir à l’Ukraine le souci, hélas, c’est qu’il s’agissait rééllement de combattants animés par des idéaux nazis. Point de raccourci facile, là non plus, pour qualifier tous les ukrainiens rêvant de souveraineté de nazis comme l’ont fait les propagandistes pro-Poutine.

Azov fut rejoint par des volontaires étrangers de même sensibilité, français, Européens, voire Américains. Soi adhérant à ce qu’il y a de plus radical dans l’extrême-droite. Une des idées exprimée par Andriy Biltesky, grand cadre d’Azov, était de faire en sorte que l’Ukraine- ou la vision qu’il en a- « soit à la tête des races Blances du monde entier dans une croisade finale…contre toutes celles sous l’influence des untermenschen sémites« . Plus connue dans les milieux slaves ultra-nationalistes- Russes et Ukrainiennes- initialement pour défendre une vision de la Tradition emprunte de mythes paiens, Olena S devenue figure intellectuelle d’Azov exprime sans arrêt son désir de perpétuer son combat en Europe et quel meilleur relai que nos identitaires rêvant de remigrer tout ce qui n’est pas blanc et blonds aux yeux bleus. Le coup de Génération Identitaire défendant l’Europe face à des hordes de migrants n’est que de la poudre aux yeux [bleus]. Par personnes interposées, ils sont en lien avec des leaders ukrainiens ayant appelé à nettoyer l’Ukraine des populations russophones estimées comme  » eurasiennes », sous-entendu  » batardes » parce que mélangées de Blancs, d’Asiatique, et d’Arabe ( quand ce n’est pas de  » Juif »). Azov est quand même pointé du doigt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, à l’instar de leurs adversaires séparatistes.

Alors sont bien gentils les Damien Neuneu et autres Thaïs d’Escufion, mais être en liens avec des individus sur lesquels pèsent des accusations de tortures, de viols, de massacres, ou de kidnappings, perpétrées sur des adversaires et des civils ( qui sont Blancs eux aussi, faut-il le signaler)…puis venir nous faire le coup des sauveurs de la civilisation européenne face à la menace islamiste et migratoire en mode Border Patrol…bref!

Ça s’alourdit avec l’auteur des attentats de Christchurch qui fît 52 victimes, qui était membre d’honneur de Génération Identitaire, et du porteur de doudoune bleue qui menaçait d’abattre un passant sur Avignon parce que musulman. Les plus vomitifis autour de cette controverse de dissolution de Génération Identitaire sont ceux qui leur ont apporté leurs pleins soutiens, personnalités LR, l’autre vicomte guère plus évolué sur certains sujets qu’un ayatollah, et les autres connards de chroniqueurs sévissant sur les plateaux de CNEWS ou bistrot PMU du facho beauf. Si il eut été question d’une association musulmane fondamentaliste, qui aurait des relais à l’international impliquant liens implicites avec des organisations jihadistes, et dont plusieurs membres aurait commis des attentats, ils auraient été les premiers à hurler pour la dissolution de l’antenne française.

De ce côté-ci on ne condamne que le terrorisme des basanés. Après, dissoudre n’est point résoudre, j’entends bien.

Paradoxalement, sans l’apport financier d’un oligarque israélo-ukrainien au cœur dans d’une affaire de blanchiment d’argent impliquant la Deutsche Bank- Igor Kolomoisky– Azov n’aurait jamais pu devenir pour certains néonazis et suprémacistes blancs ce que les Taliban sont pour une partie des jihadistes: une référence. Et la vision puriste d’une Olena S peut très bien être comparée à un Maqdisi: une idéologue.

Dans les propos ci-dessus de Biletsky relevés ci-dessus s’y retrouvent aussi, et hélas, les protagonistes de ladite Terrorwave classés sur liste noire du FBI. Azov est l’une des sources d’inspirations de l’AtomWaffen Division ( Division de l’Arme Nucléaire), avec laquelle il cultive des liens étroits. Le corpus idéologique de l’AWD- qui doit beaucoup au Siege de James Mason – puise aussi ses sources dans l’accelerationnisme, le satanisme américain en lien étroit avec le néonazisme ( l’Ordre des Neuf Angles dont le fondateur- David Myatt- vénérait Ben Laden s’était lui-même converti à l’Islam rigoriste), le survivalisme, les jeux vidéos violents, et la culture troll. Un autre groupe, The Base, fait dire qu’il doit son nom à une certaine traduction du nom d’une très célèbre organisation jihadiste ( faut traduire de l’Anglais en Arabe pour comprendre). Les propagandes des uns et des autres se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

( Image collectée sur Telegram et transmise par une source. En haut, sur fond noir design d’un combattant masqué d’une cagoule tête de mort et armé d’un fusil d’assaut. En arrière-fond, un Sonnenrad peint de sang avec giclée à sa base. « ((( ))) » ou Echo est un symbole servant implicitement à désigner quelqu’un de confession juive. Kike est une expression argotique voulant dire Juifs. Quand aux chiffres leur exacte signification prête à question. Traduction: ((( ils))) [Les Juifs] ont peur du viol. Ils ne savent pas quand ça va venir parce que c’est en cours. Le VIOL est nécessaire et c’est une action viable dans la guerre contre les femmes, les Juifs, et le Monde Moderne. Le VIOL est une tradition aryenne et la nouvelle méthode contre les kiké [ les Juifs]. Gloire au Viol! Gloire à la Meth! Gloire au Crack! Gloire au VIH! La Guerre du Viol est inévitable! »)

Croire que ces énergumènes ne s’en tiennent qu’à des revendications territoriales, ou strictement américaines, c’est se mettre un doigt dans l’œil: leur combat est paramétré à échelle intercontinentale.

Le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière

Le déni qu’on observe encore chez certains militants de gauche proches d’associations musulmanes communautaires- controversées- par rapport au jihadisme, qui se manifeste souvent par des phrases toutes faites  » Ce ne sont pas des musulmans!« ,  » C’est un complot contre l’Islam!« ,  » Ce sont des khawajis »,  » C’est Israël qui est derrière tout ça« , est quasiment le même qu’on retrouve à droite concernant le terrorisme d’extrême-droite qui est aussi une menace réelle:  » Combien de morts par l’extrême-droite sur le territoire français?« ,  » C’est ridicule! On invente ça pour rassurer une certaine partie de la population!« ,  » Oui, et pendant ce temps les islamistes sont tranquilles!« 

En ce cas pourquoi la DGSI a-t-elle multipliée les opérations de surveillance et les interpellations dans les milieux d’ultra-droite depuis ce temps? Serait-ce parce que ses fonctionnaires en auraient marre de se tourner les pouces? Et c’est pas comme si on avait pas, en embuscade, des activistes musulmans douteux prêts à minimiser les ravages du jihadisme au cas où se produirait une attaque meurtrière sur une mosquée…

Dans cette polémique certains analystes, blogueurs, et anciens militaires, se contentent d’appuyer la réponse du Ministère des armées arguant que les  » cas relevaient de dérives individuelles ». Et d’ailleurs quelques uns d’entre-eux ne cachent guère leurs convictions politiques.

Il faudrait peut-être souligner que les individus repérés par Médiapart…sont ceux qui ont été assez cons pour afficher leurs convictions idéologiques sur les réseaux sociaux. Constat d’ailleurs appuyé par Matthieu Suc. Autrement dit, on ne sait rien. Peut-être est-ce de la surface? Peut-être qu’il n’y en a pas d’autres et que des milis d’actives néonazis revendiqués qui interagissent entre eux sur les RS parlent juste de se faire des soirées devant un combat de MMA avec barbecue, bières, et  » petits-fours » bien sûr…

Sans aller jusqu’à croire aux scénarios hollywoodiens les plus paranoïaques, ni de crier à la face émergée de l’Iceberg, 50 cas que des journalistes ont pu surprendre en train d’interagir- pour certains d’entre-eux- sur les réseaux sociaux…ça ne tient plus vraiment de la dérive individuelle. Ce serait de la dérive individuelle si les individus concernés évoluaient chacun dans leur coin et ne se connaissaient pas. L’enquête de Médiapart révèle bien des contacts sur les RS. Résonnons à l’inverse: si on découvrait 50 cas adhérant à l’idéologie jihadiste telle que prônée par l’État islamique, qu’on découvre que certains d’entre-eux se connaissent et interagissent sur les réseaux sociaux…Est-ce qu’on pourrait croire que leurs conversations ou réunions de groupes portent sur des pizzas devant un match de foot?

Ensuite, il n’est pas surprenant de trouver des individus qui adhèrent à ce genre d’idéologie dans une institution qui pousse les individus à s’auto-dépasser pour le pays, pas plus que de trouver des idéologies de gauche dans les milieux pros sociaux, éducatifs, ou médicaux, puisque là on est prôche de la personne.

Certes, 50 cas ne résument pas- et heureusement- la totalité des militaires d’active. Bien entendu, les forces armées sont aussi des écoles de la deuxième chance et peuvent permettre à des individus de rejeter des idéologies putrides. Au passage, la vocation de l’armée est aussi d’unifier- sous le même drapeau- les jeunes originaires de milieux ruraux et ceux en provenance des zones de non-droits.

Là où c’est emmerdant est qu’on forme à la manipulation des armes, au combat, ou à la stratégie militaire, des gens qui peuvent nous trahir le lendemain parce qu’ils peuvent entrer en contact avec des personnes malveillantes ayant des projets allant de la guerre psychologique à la tuerie de masse. Qui dit militaire dit domaine sensible. Balle au centre: vous avez A qui est gendarme et qui intervient régulièrement sur un site nucléaire; et vous avez B qui est para dépêché de toute urgence dans un théâtre d’opération sensible pour une mission secrète; tous deux sont en liens avec un petit groupe de gens malveillant ( jihadiste, d’ultra-droite, ou d’ultra-gauche); qu’est-ce qui vous dit que A ne va pas se mettre à renseigner ses petits copains et que B ne va pas commettre l’irréparable?

Qui vous garantit que certains ne sont pas des Ethan Melzer en puissance?

La séquence où un soldat faisant faire des sieg heil à des enfants guyanais est bonne à être séquencée sur une vidéo de propagande jihadiste. Si ce n’est d’alimenter la rhétorique douteuse des anti-impérialistes et de tous ceux qui s’investissent à faire à la France toute sorte de procès en exhumant son passé colonial.

La réponse floue du MinArm est contre-productive:

 » Le ministère des armées a une réponse toute trouvée: il tente de minimiser nos chiffres par de savants calculs, fruits «d’une analyse minutieuse» (voir sa réponse complète dans l’onglet Prolonger). Selon le ministère en effet, sur les 50 noms que nous lui avons soumis, «une douzaine ne sont plus liés aux armées; pour une vingtaine des cas cités, nos investigations, qui se poursuivent, ne confirment pas vos informations de liens avec l’ultradroite; une dizaine de légionnaires avaient déjà été détectés lors de leur engagement. N’étant pas impliqués dans des affaires de crimes de sang, ils ont été recrutés dans le cadre du droit à l’oubli spécifique à l’incorporation dans la Légion étrangère. Ils ont été mis en garde et n’ont, à notre connaissance, rien publié depuis leur engagement; enfin, quelques-uns des militaires cités avaient déjà été détectés et sanctionnés pour les faits évoqués. Au bilan et en l’état de nos investigations, Mediapart révèle l’existence de 6 à 7 cas qui n’étaient pas encore détectés sur nos radars». On passerait donc de 50 militaires à moins d’une dizaine. Et la conclusion devient évidente: «Ces comportements condamnables relèvent du domaine de la dérive individuelle.» Une façon de botter en touche récurrente pour le ministère, dès lors que des militaires d’extrême droite défrayent la chronique »

Il est certain aussi que si on ne s’en tenait pas qu’aux seuls cas de néonazisme, qu’on étendait les recherches sur ceux qui likent les conneries de l’Action Française, de feu Génération Identitaire, ou des Pokémons folkloriques Papacito, Conversano, FdeSouche, L’homme au canapé rouge, Raptor, le crétin de Julien Rochedy, ou Obertone l’obsédé du facteur ethnique, le décompte irait au-delà de cinquante cas. Toutes ces sphères d’ultra-droite, à la droite du RN, constituent des espaces de radicalisations: où certains individus, à force, deviennent las, mécontents, et finissent par vouloir passer à quelque chose de plus fort.

Si l’armée est une institution sacrée, peut-être doit-on la protéger autant de ses ennemis extérieurs qu’intérieurs.

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