Islamo-Gauchisme

 » L’expression « islamo-gauchisme » avait sous ma plume une valeur strictement descriptive, désignant une alliance militante de fait entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche, au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle Cause universelle. Elle intervenait dans ce qu’on appelle des « énoncés protocolaires » en logique. J’ai utilisé l’expression dans diverses conférences prononcées en 2002, ainsi que dans des articles portant sur ce que j’ai appelé la « nouvelle judéophobie », fondée sur un antisionisme radical dont l’objectif est l’élimination de l’État juif. Pour ne prendre qu’un exemple, dans mon article synthétique intitulé « L’émergence d’une judéophobie planétaire : islamisme, anti-impérialisme, antisionisme », publié dans la revue Outre-Terre. Revue française de géopolitique (n° 3, janvier-mars 2003, pp. 189-226), j’évoque la « mouvance islamo-gauchiste » en cours de formation (p. 205). J’ai analysé plus longuement le phénomène « islamo-gauchiste » dans mon livre Prêcheurs de haine en 2004, puis dans La Judéophobie des Modernes en 2008. » Pierre-André Taguieff, Aux sources de l’« islamo-gauchisme » dans un article de Conspiracy Watch daté du 27 Octobre 2020.

Le néologisme forgé par Pierre-André Taguieff avait, à l’extrême rigueur, le mérite d’être précis. Intervenant en plein contexte de l’émergence de Tariq Ramadan qui regroupait effectivement autour de lui des individus issus des rangs altermondialistes, anti-impérialistes, et des partisans de la cause Palestinienne assez radicaux, il pouvait désigner  » péjorativement » en gros des sphères où l’on combinait des citations de Malcolm X, de Chomsky, et de Roger Garaudy. Effectivement, au début des années 2000, on y trouvait dans ces sphères des individus pour qui le  » 11 Septembre était un juste retour des choses »,  » les Sionistes [ les Juifs] contrôlent le monde », ou encore pour qui  » La Shoah fait partie du plan élaboré par les Protocoles des Sages de Sion ». Et il faut le dire, sous ses postures pseudo-intellectuelles Tariq Ramadan a surtout pourri une génération avec son conspirationnisme distillé.

Néanmoins, petit un, toute la gauche à l’époque n’était pas dans ce trip-là.

De deux, les altermondialistes sont rangés au grenier. Ceux qui avaient les postures évoquées ci-dessus, qui pouvaient même parler de  » résistance irakienne » en 2004 ( si, si!) ont quasiment disparu des mouvements pro-Palestiniens étiquetés en tant que tels. Soit certains- qui avaient alors entre 20 et 30 ans- se sont rangés, puis d’autres ont au contraire poursuivi avec assiduité leurs études du Coran et de la Langue Arabe et ont fini par dépasser Ramadan sur sa droite, c’est-à-dire qu’ils ont fini par embrasser des rites plus rigoristes en ce qui concerne l’Islam! Il faut voir certaines vidéos de prédicateurs qui lui sont tombés dessus à l’occasion des dites affaires embarrassantes.

Ramadan vu d’ailleurs par les jihdadistes ça donne ceci:  » Tariq Ramadan adhère à un nombre considérable de principes hérités de la philosophie des lumières, matrice intellectuelle de la République Française. Il a, et à plusieurs reprises, indiqué que la Démocratie devrait être la finalité politique de tous les peuples. Il ne conteste pas la laïcité et ne développe aucun rejet viscéral de la Franc-Maçonnerie. Il estime que les lois françaises priment, au niveau de la considération personnelle et morale de tout individu, sur toute autre forme de lois.[…] On attend que Valls démontre en quoi il est islamiste. Si Ramadan ne partage pas les valeurs républicaines, qui les partage alors? » L’emprise d’Achraf Ben Brahim, p208.

Les courants qui aujourd’hui sont en vigueur autour de la Cause Palestinienne sont le BDS, les Indigénistes, les Décoloniaux, ainsi que des réseaux acquis au Hezbollah et à l’Iran…qui peuvent aussi déborder à l’extrême-droite par ce qui reste de la Dissidence acquise à Dieudonnè et à l’Homme au canapé rouge qui sont à la fois des inducteurs de nationalisme-révolutionnaire à but anti-impérialiste/antisioniste et de conspirationnisme.

De trois, Taguieff est aussi un chercheur orienté [politiquement]. Déjà à cette époque- les années 2000- il était ouvertement l’une des figures du néoconservatisme à la Française. De plus, étant donné qu’il avait été ciblé par un listing odieux d’intellectuels Juifs fait par Ramadan, il ne pouvait pas avoir la distance nécessaire et propre à un chercheur qui met de côtés ses biais pour favoriser son sujet. Et si il tirait à boulets rouges sur les composantes extrêmes soutenant la Cause Palestinienne, il restait plutôt silencieux concernant les composantes extrêmes regroupées autour de la Cause Israélienne et chez lesquelles on retrouve autant de bêtise ( Karsenty et ses prix Goebbels à France 2), de racisme ( la LDJ et le Betar), de délires conspirationnistes qui impûtait à la France une politique antisémite et pro-Arabe- en prime l’Eurabia de Bat Ye’or qui préfaçe la théorie du Grand Remplacement avec l’idée que l’UE veut favoriser les naissances des arabo-musulmans au profit des populations européennes enracinées, ou bien des frasques d’un certain Gilles-William Goldnadel qui lorsqu’il parle « d’islamo-gauchistes » fait penser à Sammy du Scooby-Gang appercevant un fantôme.

Bien naturellement, il ne s’agit que d’un petit nombre de personnes et pas de tous nos concitoyens de confessions juives, ni même de toutes les personnes soutenant la Cause Israélienne, mais leur surreprésentation dans les associations juives et les événementiels liés à la lutte contre l’antisémitisme fait que ça a malheureusement inspiré la production fécale de l’Homme au canapé rouge ainsi que quelques prêches de prédicateurs hallucinés. Comme c’est un non-dit, avec le Net ça a vite fait de s’amplifier et hélas de se déformer.

Naturellement, Taguieff est archi-loin d’être le seul cas de chercheur orienté. À ce jeu on peut faire un grand écart en partant de Raphaël Liogier et Vincent Geisser jusqu’à Bernard Lugan en passant par François Burgat, Éric Roy, François Filiu, Nabil Ennasri, Laurent Bouvet, Laélia Véron, Marcel Gauchet, ou Gilles Kepel. Leurs travaux, leurs ouvrages ne sont pas intintéressants, loin de là, mais sont pas neutres politiquement comme scientifiquement. Un lecteur averti en vaut bien deux. De même que ce terme  » orienté » ne saurait que s’appliquer qu’au cadre universitaire. Nous avons aussi des journalistes, des célébrités, ou bien des bloggeurs, qui sont orientés au sens qu’ils suivent un agenda politique conforme à la ligne d’un parti, d’un courant de pensée, ou bien qu’ils roulent pour quelqu’un.

Donc le néologisme  » islamo-gauchiste » repose plus sur du sable qu’autre chose et s’inscrit plus pour un exercice de joute en plein cœur d’une controverse politique que d’une recherche. Étant donné qu’il est galvaudé, employé à toutes les sauces, il est utilisé à des fins partisanes/militantes pour disqualifier des individus détestables ou non.

À la différence des mots Fascistes et Sionistes qui, eux, concernaient originellement des idéologies.

Originellement le Fascisme dérivé de l’italien fascio désignait une idéologie qui considérait la primauté de l’héroïsme, l’obeissance au Duce ( Guide), et la refondation de l’Empire Romain sous la bénédiction de l’Église, et méprisait les libertés individuelles et intellectuelles considérées comme bourgeoises. De nos jours, déjà, plus grand monde ne se revendique fasciste, et ce mot- ainsi que son dérivé argotique facho- est souvent employé pour qualifier négativement toute personne prônant des mesures fortes en matière de sécurité, de politique migratoire, ou de mœurs. Les antifas les plus zélés l’utilisent même pour discréditer quiconque est plus à droite qu’eux ou quiconque aurait commis le crime de parler avec un facho ( avéré ou non).

Sioniste, quant à lui, désignait tout juif partisan du retour en terre d’Israël. Le Sionisme est traversé de plusieurs courants. Le Sionisme Révisioniste de Jabotinski est celui qui prime au Likoud sous la férule de Netanyahou, mais influence également le parti Israël Beiteinu de Lieberman- qui incorpore aussi du néosionisme où la vision est nettement plus identitaire au sens ethniciste du terme. Le sionisme religieux ( chez le Foyer Juif notamment) est plutôt de type fondamentaliste et identitaire. En opposition il y avait le Sionisme de Gauche qui s’appuyait sur un mouvement de juifs ouvriers, ou actuellement le Parti Travailliste Israélien- de centre-gauche- qui est sioniste et social-démocrate. Sauf que chez nos antisionistes les plus radicaux et ceux qui sont antisémites avoués, le mot  » Sioniste » qualifie toute personne- juive ou non- qui aurait le malheur d’être critique à leurs égards, de ne pas être sur la même longueur d’onde, et qu’ils associent avec un lobby de méchants conspirateurs.

Toujours est-il que ça ne nous renseigne pas sur une éventuelle formation politique qui aurait pour maîtres penseurs Karl Marx et Muhammad, et qui tapie dans l’ombre et dans la nuit disperse ses tentacules afin de s’emparer du pouvoir.

« Islamiste » what does it means?

Souvent nous entendons des politiciens, des activistes, ou des « spécialistes », invoquer le spectre islamiste…sans décrire de quoi il s’agit vraiment hormis de sortir ce type de généralités suivantes: «  Ce sont les méchants. Ils veulent détruire la Laïcité. Ils détestent les femmes et les Juifs. Ils veulent instaurer la Charia. Et ils mangent Hallal.« .

Ayant influencé Hassan el-Banna, Sayyid Qutb, ou Ruhollah Khomeiny, celui qui pourrait répondre à cette question est Sayyid Abu Ala Maududi pour qui «  l’Islam n’est pas une ‘religion’ dans le sens où ce terme est communément admis. C’est un système comprenant tous les aspects de la vie. L’Islam signifie politique, économie, législation, science, humanisme, santé, psychologie et sociologie. C’est un système qui ne fait aucune discrimination basée sur la race, couleur, langue ou autre critères externes. Il s’applique à toute l’humanité. Il veut atteindre le cœur de chaque être humain.« . On notera également que ça ait peut-être pu inspirer aux illuminés du Hizb-ut-Tahrir- issus d’une scission avec les Frères Musulmans qu’ils jugeaint trop modérés- la phrase suivante:  » Islam is the solution for mankind! » ( L’Islam est la solution pour l’humanité).

Des discussions entre esprits sains ressortent que tous les mouvements qui voient l’Islam de cette manière n’ont déjà ni les mêmes buts ou les mêmes corpus idéologiques.

Si on parle d’Islam Politique nous pouvons y regrouper ceux qui se reconnaissent dans la confrérie des Frères Musulmans, le Hizb-ut-Tahrir, l’AKP d’Erdogan qui se sert de la diaspora turque et pour répandre un culte de la personnalité et pour faire des actions dites d’ingérences, le Mili Gorus ( pro-turc mais nationaliste et religieux), ou bien encore dans certains pays musulmans des partis dits Salafistes Réformistes souvent proches des pouvoirs ( comme en Égypte où ils soutiennent Sissi). Ces mouvements qui sont détestables en bien des points sont à mettre dans cette catégorie car ils recourent à la Démocratie pour leurs agendas- et le HT cité plus haut ne cache nullement son envie d’abattre les démocraties occidentales pour y faire fleurir un califat.

Vient le cas flou de certains groupes en faveur de la lutte armée…qui sont non-jihadistes mais recourent quand même à des actions terroristes. Le Hamas et le Jihad Islamique en Palestine ont déclaré le Jihad ( la guerre sainte) vis-à-vis d’Israël, mais leurs corpus intégrent des éléments révolutionnaires et nationalistes ( le second est plutôt, quant à lui, panislamiste au sens qu’il a puisé et chez des courrants sunnites et chez des courrants politiques Chiites). En Syrie, Ahrar al-Cham fondée pourtant par un ancien issus des rangs d’Al-Qaida était dans une ligne oscillant entre des éléments de nationalisme syrien, le suprémacisme sunnite, et l’islamisme, puisque ses rangs étaient composés aussi de salafistes et de quelques Frères Musulmans qui avaient en commun leur haine du régime syrien qui menait selon eux une politique anti-sunnite- mais on est bien d’accord que pour les Syriennes, les chrétiens d’Orient, ou les populations chiites, l’arrivée au pouvoir d’un tel groupe signifierait un retour de mille ans en arrière.

Au Yémen, les Houthis- proxy du régime iranien- combinent eux-aussi des éléments de nationalisme et de revivalisme religieux associé à de l’antisémitisme viscéral. À la fois parti au Liban, soupçonné d’être mêlé à des activités criminelles, et considéré comme terroriste au moins par Israël, le Parti de Dieu ( Hezbollah), qui a aussi sa petite liste de fans en Occident qui le définissent comme partenaire ou mouvement de résistance, retient toute l’attention en ce qu’il prône un jihad chiite qui pourrait peut-être un jour poser aussi un problème en Occident, et notamment en France où continuent de vivre une communauté juive. S’agissant de son éclat le Hezb sait illuminer du PIR jusqu’à l’entourage de MLP, au point même que François Fillon dans sa campagne présidentielle de 2017 entendait les inclure dans la lutte contre L’État islamique. Cette admiration se retrouve même chez L’Homme au canapé rouge qui va jusqu’à porter un t-shirt dans une vidéo. Si des antisionistes radicaux et des antisémites soutiennent ce mouvement, quitte à lui faire une légende dorée, c’est bien dans l’espoir qu’un jour se produise la défaîte finale d’Israël avec un Holocauste à la clé. De vrais politiciens sérieux se seraient plutôt penché sur ça, parce que c’est problématique à plusieurs niveaux, au lieu de renchérir sur des polémiques sans fin et sans fond comme celle de l’islamogauchisme où on aime se faire peur. Outre le projet d’attentat avorté contre L’Organisation des Moujahidines du Peuple ( qui cite Karl Marx et Le Prophête), le Hezbollah- sur ordre des IRGC- serait tout-à-fait capable d’instrumentaliser un élément radicalisé- pro-palestinien, néonazi, ou jihadiste- pour lui faire perpétrer l’irréparrable. De plus, ce sont bien ces réseaux pro-iraniens qui n’ont pas hésité une seule seconde à apporter leurs soutiens à des personnalités viscéralement antisémites et complotistes, nourrissant et l’antisémitisme qu’on surnomme vieille France et l’antisémitisme dit des banlieues, car on rappelle à toute fin utile que le régime des Mollahs s’est auto-proclamé commme centre de résistance face au Sionisme. Cette histoire d’espion pakistanais soupçonné d’avoir été engagé pour attenter aux vies de cibles juives c’est quand même pas rien!

Ainsi que l’explique le controversé Yahya Michot, Ibn Taimiyya écrivît une fatwa appelant au Jihad contre les Mongols Ilkhanides dans un cadre précis. Comme il est arrivé avec Darwin avec les Darwinistes, avec Marx et les Marxistes, ou ce qui s’est passé pour la postérité de l’œuvre de Nietzsche avec le IIIème Reich, les jihadistes- bon Michot parle-là d’islamisme militant- ont appliqué un écrit en l’extrayant de son contexte pour en faire une règle universelle. En clair, ils l’ont déformé et ont « mongoloïsé » tous les chefs d’état du monde Musulman (et même du monde entier sauf cas d’Erdogan qui a clivé ces gens-là). Les partisans du Jihad, et aussi les salafistes, citent souvent Ibn Taimiyya- qui n’était pas un modéré c’est sûr- pour justifier leurs griefs contre les soufis. Or, il semblait ne s’attaquer qu’aux dérives liées au Soufisme. Et surtout son corps reposerait dans un cimetière soufi à Damas!

Dans le jihadisme il y a ceux qui sont favorables à un Jihad dit défensif tel qu’il est vanté encore par des groupes en Syrie ( Hayat Tahrir al-Sham notamment), c’est-à-dire qui se concentre sur une techno-guerrilla de riposte au Taghût ( Assad), mais et évidemment l’objectif reste la chûte d’Assad suivi de l’instauration de la Sharia ( rappel qu’en province d’Idleb les opposants sont enfermés dans des geôles).

Puis ceux qui attaquent, Al-Qaida et L’État islamique– issu du premier- pour ne pas les présenter. Les deux organisations qui défraient la chronique se dissocient l’une de l’autre par leurs méthodologies, AQ préfère plus contribuer à des émirats locaux quand l’EI lui proclame le Califat dès lors que ses partisans s’approprient une terre ( mais laisse une certaine autonomie à ses Wilayat pour les attaques et la propagande). AQ est plus décentralisée dans son organisation et de son vivant Zawahiri prétât allégeance aux Talibans ( qui eux sont Déobandis et non Salafistes!), et ça se complique avec les groupes qui sont en liens sans revendiquer en faire partie. Ensuite, le public favorable à la cause d’Al-Qaida est nettement plus intellectuel que le second ( qui est plus enclin à la violence verbale et à la prononciation du Takfir d’autrui). D’ailleurs, tous les  » intellectuels » du Jihad sont restés chez AQ. Lorsque Zawahiri s’adresse aux militants Noirs Américains pleins de ressentis ( en citant Malcolm X), ou que tel leader de la JANM se met à s’adresser aux Gilets Jaunes en leur disant que c’est le pognon investi dans l’opération Barkhane qui est responsable de leurs stituations, on est là dans l’exercice de guerre psychologique ( pour affaiblir les grandes puissances) et aussi- un peu- dans la conquête des esprits.

L’EI, plus les exactions dont il s’est rendu coupable, lui insiste plus sur un corpus idéologique pétri d’écrits médiévaux et tient les autres formes de luttes pour du Kuffr.

Un fossé générationnel entre aussi en ligne de compte: y a une différence de profil entre un Djamel Beghal capable de donner intellectuellement la réplique à Tariq Ramadan et un adolescent d’origine Tchétchène addict à GTAV qui écrit comme la plupart des jeunes d’aujourd’hui.

Le plus hardcore restant Boko Haram de Shekau, qui fut exclu par l’EI pour  » extrémisme » en raison de ses attaques sur les populations musulmanes. Ce courant surnommé Takfiri décide, qu’en gros, les populations dites musulmanes ayant accepté de vivre sous l’autorité du Taghût sont sorties de l’Islam et que verser leurs sangs est licite.

Petit jeu: prenez une personne de chaque courant évoqué plus haut, réunissez-les dans une pièce, et parlez-leur de fraternité, d’amitié entre les Peuples, puis associez Marx avec Muhammad. Si vous vous en sortez vivant, et juste blessé par des fous rires sardoniques, vous serez chanceux!

Le rapport avec la choucroute?

En France, on aime bien se regarder le nombril et se sentir resplendir comme le Phare d’Alexandrie. Le paraître, c’est important vous dit-on. Mais dixit Brutus dans le Jules César de Shakespeare:  » Paraître, ce n’est point être!« .La branlette intellectuelle donne le sentiment de briller à de nombreux crétins, aussi bien en bas qu’en haut de l’échelle. On ne se sent plus pisser ou mouiller dès lors qu’on invente des néologismes pour faire style, ou bien qu’on affirme avoir détecté une menace planétaire en provenance d’un mouvement de trois pelés et quatre tondus.

En France, où nous sommes chanceux tout de même de ne pas avoir les prêcheurs de ce qu’on appelait le Londonistan. Ni des Police de la Sharia. Le dernier groupe en date qui s’était amusé à dépasser les lignes rouges était Forsane Alizza et ça a plutôt mal fini pour les membres. Nous n’avons même pas une antenne du Hizb-ut-Tahrir. Tout ce que nous avons de problématique- hormis les partisans du Jihad- se trouve avec des salafs quiétistes, des Tablighis, et des personnalités ikhwanies. Où même il n’y a plus vraiment de personnalité charismatique qui peut se faire l’ambassadeur d’une Oumma idéale. De prime abord, la France est bien plus épargnée qu’elle ne le pense par rapport à d’autres pays dans le monde. C’est quitte ou double: il y a un boulevard tout tracé pour un éventuel Choudary français.

Si vous dîtes aux esprits les plus rigoristes que Taha Bouhafs, Maryam Pougetoux, Majid Messaoudene, Rokhaya Diallo, ou l’autre passionnaria du PIR déglinguée, sont des islamistes…Eh bien, ils vous riront au nez. Ils vous demanderont ensuite de leur prouver par A+B que l’un d’entre-eux ait réclamé l’instauration de la Charia. Pour autant, les cibles récurrentes- et idiots utiles de Valeurs Actuelles- ne sont pas exempts de critiques quant à leurs comportements. De même que feu le CCIF conduit sous Marwan M, le CRI, Nabil Boudi, Al-Kanz, ou l’autre neuneu qui a fait retirer de la vente à Mark&Spencer une gamme de papier toilette tout ça parce qu’il y aurait marqué Allah dessus. C’est juste impossible d’avoir une discussion avec eux. Dès que tu n’es pas d’accord avec un de leurs propos, ils te traitent d’islamophobe. Puis font ensuite les victimes quand ils se prennent en pleines tronches des critiques. Et ça donne de l’eau aux moulins des formations politiques qui ont l’intégralité des musulmans dans leurs viseurs.

Ce petit nombre d’individus est problématique parce qu’en parlant souvent au nom des Musulmans il donne l’image souhaitée pour leurs adversaires qui ne font même pas l’effort de distinguer les mouvements tenant de l’Islam Politique du Jihadisme. En plus, leurs narratifs de post-réalité- qui sèment la psychose- parasite toute entreprise de remise en question par rapport à ces facteurs qui ont préparé le terrain pour le jihadisme: violence, délinquance, fondamentalisme religieux, précarité.

Une partie de la gauche cherche effectivement à draguer les voies de ce genre de personne. Effectivement. On a même lu qu’ Edwy Plenel qualifiait le  » musulman » de  » nouveau Juif » et se planter en ce qui concerne Tariq Ramadan. La gauche a toujours prétendu être la seule pouvant tenir la main aux opprimés, aux stigmatisés, aux exclus du système, et là ça coince quand même un peu. Il est avéré que certains élus de banlieue parisienne, eux-mêmes issus de l’immigration, ont servi de caution pour des partis ou bien ont eu recours à leurs origines culturelles pour assouvir leurs ambitions personnelles. Mais tout ça, ça porte un nom: la politique!

Est-ce qu’en retour c’est plus glorieux pour des militants de la Laïcité ( qui ont parfois eux-mêmes des origines extra-européennes) et des militants de la cause israélienne de s’allier avec des Identitaires qui, suivant leur agenda, voudront les remigrer? Est-ce que ça justifiait des cyberharcélements de journalistes? Est-ce que ça autorisait le dénigrement de comptes liés à la lutte contre la haine en ligne?

Qui d’ailleurs a favorisé l’émergence de l’UOIF affiliée aux Ikhwans sous le deuxième mandat de Jacques Chirac si ce n’est Nicolas Sarkozy? Où on parle plus haut de Tariq Ramadan, mais est-ce la gauche qui a récupéré Tareq Oubrou à côté duquel celui de Tariq parait modéré? Pourquoi n’a-t-on pas blâmé les époux Ménard et les responsables de Boulevard Voltaire lorsqu’ils ont donné la parole à cet homme quand même identifié par beaucoup comme étant très lu dans la jihadosphère? Sinon, le croiriez-vous que des membres du FN ont applaudi à la fin d’une conférence dythyrambique sur Al-Wahab?

Pas certain, également, que tous les élus ayant négocié des « paix sociales » avec des caïds et des barbus soient spécifiquement tous de gauche.

On a parlé de Trappes comme étant la ville ayant exporté le plus de Jihadistes. Avec l’affaire Lemaire le maire provisoire de Trappes, Ali Rabeh, en a pris plein la tronche avec l’assimilation de sa ville à une Wilaya de l’EI. Mais Rabeh n’a été qu’élu en 2020, de une. Deuxio, selon les statistiques c’est malheureusement la ville de Nice qui semble l’emporter pour ce qui s’agit des départs vers la Syrie. Pourquoi n’a-t-on pas clashé Christian Estrosi?

Réponse: parce que le maire de Trappes est de gauche, comme ses prédécésseurs…et que surtout il s’appelle Ali Rabeh!

Et oui si d’un côté on a bien une gauche tendance décoloniale/indigéniste qui nous fait du racisme anti-blanc- ou qui a recours à des Bounty/Nègre de maison et Arabe de service- sous couvert de luttes contre les discriminations, nous avons en retour une gauche républicaine et une droite dure qui instrumentaliste la défense de la Laïcité ainsi que la lutte contre le terrorisme pour faire passer un suprémacisme Blanc insidieux.

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