L’étrange cas de Bilal Abdul Kareem

  » Il « serait » placé sur une kill-list US. Ça reste à prouver. C’est peut-être une fake news qu’il a monté pour faire réagir. Ça ne serait pas une première.  « 

L’information est tombée au conditionnel. Il est donc difficile de savoir, pour l’instant, si elle est avérée ou non. Outre-Atlantique, il a été révélé que l’Administration Trump, jamais à court de controverses, aurait inscrit dans sa Kill List deux noms de journalistes qui couvrent l’actualité djhadiste.

Le premier est Ahmed Zaidan et travaille pour Al-Jazeera. Il est connu pour avoir été le premier à interviewer Oussama Ben Ladden. En 2015, grâce à des documents fournis par le dissident Snowden, il avait été déjà placé sur une liste américaine de terroristes car soupçonné d’être à la fois membre d’Al-Qaida et des Frères Musulmans. Accusations niées par le principal concerné, on se doute bien. Zaidan travaillait alors au Pakistan où, chef d’Al-Jazeera sur Islamabad, il était alors en contact avec des Talibans Pakistanais…autant qu’une bonne partie des journalistes travaillant dans cette contrée instable. La chaîne pour laquelle Zaidan couvre ses reportages fait encore l’objet de vives controverses dans les pays musulmans, Al-Jazeera est accusée d’être pro-Qatar et pro-Ikhwans ( Frères Musulmans), tandis qu’en Occident elle n’est plus vue comme une Ben Laden TV– trouvaille de BHL- mais bel et bien comme une chaîne de télévision satellitaire qui émet en plusieurs langues, Arabe, Anglais, Serbo-Croate, et Turc, et qui traite de l’actualité internationale.

Il semble qu’il y ait eu des protestations de la part de journalistes, arguant le fait que le travail d’un reporter ne saurait être utilisé comme signe d’allégeance à une organisation terroriste.

Le second, c’est flagrant. La trajectoire de Bilal Abdul Kareem est emblématique de ces convertis occidentaux qui finissent par délaisser un Occident qu’ils jugent corrompus, trop matérialiste, et qui voient en l’Orient un retour à la spiritualité. Cette idée fait son chemin autant chez des individus qui se convertissent au Bouddhisme, à l’Hindouisme, où à l’Islam. Elle peut l’être pour quelqu’un dont la soeur a été exécutée par son compagnon, pour quelqu’un qui a évolué dans des groupes de chorales pendant sa jeunesse ou qui participait à des campagnes de prévention contre la drogue. Pour quelqu’un qui s’est dit un jour ébloui par un appel à la prière et qui a décidé de se convertir avant de se rendre en Egypte afin d’y apprendre des cours d’Arabe. La quête d’un homme qui prendra plus de sens lorsqu’il se retrouvera- toujours en Egypte, pays où cheminent de nombreux convertis- nommé directeur des programmes sur une chaîne saoudienne où la prédication joue un rôle central.

Puis, c’est la consécration avec l’éclatement du conflit Syrien. Sa chaîne YT regorge de reportages orientés sur les groupes islamistes rebelles qui combattent Assad.

Ci-dessus, capture d’écran faite sur son interview complaisante du porte-parole djihadiste Radwane Mahmoud Nammous connu sous la kunya d’Abou Firas al-Souri*, à aucun moment il ne le contredit. Bien sûr, on se doute bien qu’oser contredire ou engager le débat avec un chef de guerre djihadiste est risqué. Bref, ce n’est pas comme si vous interrogiez un candidat à la présidentielle devant s’expliquer sur certaines affaires confirmant son sens de la famille. Les  » questions » posées font, en fait, penser à des mots d’ordre qui place le principal concerné dans le rôle que son organisation lui a échu.

Ci-dessus, capture d’écran de l’interview d’un ex-djhadiste francophone de l’EI…passé dans les rangs- à l’époque- de l’ancienne Jabhat al-Nosra ( Front de la Victoire), « ex-branche officielle syrienne d’Al-Qaida » qui a depuis « coupé ses liens » pour devenir successivement Jabath Fath al-Sham ( Front de la Victoire du Sham) et Hayat Tahrir al-Sham ( Organisation de Libération du Sham) toujours sous l’autorité d’Ahmed Hussein al-Shara dit Abou Muhamad al-Joulani, alias le chef djihadiste sur lequel beaucoup se sont cassé la figure pour rédiger une biopic correspondante. Dans cette vidéo, comme lors d’une interview exclusive standard, le djihadiste francophone (enturbanné) s’explique sur son parcours, sur ses motivations à faire le Djihad d’abord dans les rangs de L’État Islamique, puis les raisons qui l’ont poussé à déserter celui-ci ( il évoque ses désillusions, et notamment les mauvais traitements dont sont victimes les recrues) pour ensuite revenir combattre dans les rangs d’Al-Nosra. Cette interview s’inscrit dans la rivalité qui oppose les deux organisations rivales, Al-Qaida et L’État Islamique, et on notera que le témoignage de l’individu aura été traduit de façon à conformer toute la propagande Al-Qaida/Frères Musulmans- alliés contre Assad à la base- à l’égard de L’E.I.

Par-contre, le djihadiste en lui-même n’est pas mis en valeur par et son français vernaculaire et par la qualité de l’image.

Ci-dessous, capture d’écran d’une vidéo où Bilal Abdul Kareem se confie quant à son incertitude de voir le jour après la Bataille d’Alep.

En Juin 2016, Bilal Abdul Kareem prétendait, photo à l’appui, avoir échappé à une frappe de drone.  » Il traîne toujours sur les zones de combat ou avec des​ VIP d’AQ. Était-ce vraiment lui qui était visé ? Difficile de le savoir. « , ainsi que le résume une source.

 

Takbir!

Il y a quelques années antérieures, Vice avait interviewé Malik Jalal, un citoyen du Waziristan qui affirmait être inscrit sur une Kill List de la CIA, et qui prétendait avoir échappé à plusieurs assassinats. Membre d’un comité pacifique essayant de jouer les négociations entre Talibans pakistanais** et le gouvernement du même pays, les étasuniens et les britanniques le soupçonnaient d’agir sous couverture. Selon les propres mots de Jalal, cela viendrait du gouvernement pakistanais qui veut écraser leur principale force d’opposition  qui reste à distance avec la Wilayat Khorassan ***…à l’inverse des Talibans Afghans avec lesquels la Russie envisagerait de contracter une alliance contre l’EI.

Depuis, des pétitions sur Internet circulent pour qu’il soit retiré de cette liste.

C’est effectivement très difficile de savoir sur le champ, si cela est avéré, ce qui motiverait les services de renseignement à inclure dans leurs kill list des individus tels que Zaidan ou Jalal qui, par leurs activités professionnelles ou politiques, sont amenés à rencontrer des HVT. Surtout lorsqu’ils se trouvent à des endroits où justement peuvent intervenir des drones ayant pour objectif de cibler leurs interlocuteurs.  » Le mantra selon lequel L’Occident ne négocie pas avec les  » terroristes » est naïf. Il n’y a jamais eu d’époque où les terroristes ont été ramenés dans la société sans négociations. Souvenez-vous de l’IRA; une fois, ils ont essayé de faire exploser votre Premier Ministre, et maintenant ils sont au Parlement. C’est toujours mieux de parler que de tuer! « , dixit Jalal s’adressant à des citoyens britanniques.

La dernière phrase est aussi à remettre dans un contexte où le citoyen d’un pays en voie de développement, le Pakistan, affirme vouloir contribuer à la stabilité de celui-ci. Naturellement, autre configuration autres moeurs, dans une France marquée par de récents attentats sanglants, où sévit hélas ce genre de connards de droite chantres du tout sécuritaire- FN, pro-israéliens- qui se prennent la tête avec d’autres connards de gauche assez stupides pour chercher à railler les voix des milieux islamistes, ça parait totalement inconcevable quand bien même nous sommes en train d’assister à la reddition de l’ETA.

On vous objectera qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, qu’il y a toujours des victimes collatérales dans cette  » Guerre contre le Terrorisme » qui comprend opérations terrestres et bombardements, et que le plus souvent des populations sont utilisées comme boucliers humains.Le problème est que ces « victimes collatérales » nourrissent les propagandes djihadistes: #Alep, #Mossoul, #Raqqa.

Aux dernières nouvelles, l’Administration Trump n’a ni infirmé ni confirmé cette information. Le souci est que Bilal Abdul Kareem est citoyen US et qu’il peut traîner la même administration devant les tribunaux. La constitution américaine prévoit la déchéance de nationalité pour les faits suivants:

  • obtention de la nationalité d’un autre État étranger (art. 349 (a) (1) INANote 1); prestation de serment, affirmation ou une déclaration formelle dans un autre État étranger ou au niveau de ses subdivisions politiques (article 349 (a) (2) INA);
  • enrôlement ou service au sein d’une armée étrangère qui s’est engagée dans des hostilités contre les États-Unis, ou servir en tant qu’officier ou sous-officier dans l’armée d’un État étranger (article 349 (a) (3) INA);
  • accepter un emploi au service d’un gouvernement étranger, si : on possède la nationalité de cet État on prête serment ou fait une déclaration d’allégeance qui est nécessaire avant d’accepter le poste (article 349 (a) (4) INA);
  • renoncer officiellement à la citoyenneté américaine devant un diplomate ou un agent consulaire américain en dehors des États-Unis (art. 349 (a) (5) INA);
  • renoncer officiellement à la citoyenneté américaine aux États-Unis (mais seulement dans de strictes conditions) (article 349 (a) (6) INA);
  • condamnation pour un acte de trahison (article 349 (a) (7) INA);

Or, si pour maints observateurs Bilal Abdul Kareem ne dissimule pas son soutien à des rebelles liés à Al-Qaida, que le Département d’État a classé depuis longtemps sur sa liste noire des organisations terroristes, le principal concerné n’a jusqu’à présent et officiellement ni appelé au meurtre, ni approuvé des attentats ou de quelconques massacres, et que ça peut peser comme arguments dans sa défense, quand bien même l’idéologie à laquelle il adhère est pointée du doigt.

Si du moins Kareem n’a rien à se reprocher et que tout cela soit avéré. Après, c’est pas dit qu’il n’ait pas bénéficié de fonds d’origine douteuse ou que des enregistrements compromettants resurgissent…

En attendant, Bilal Abdul Kareem- qui se dit menacé- en profite pour rebondir sur la création d’un nouveau blog dans la continuité de ses idées: soutien avoué aux rebelles; articles hostiles à Assad, à la Russie, et à Trump; et statistiques sur lesquelles un peu de circonspection ne ferait pas de mal.

On appelle ça du travail de propagandiste.

* Djhadiste Syrien mort des suites d’une frappe aérienne dans le gouvernorat d’Idleb.
** Liés avec Al-Qaida, les Talibans Afghans et Pakistans ont des histoires différentes et n’ont donc pas d’affiliation commune. Si ils partagent la même idéologie déobandie matinée d’un code d’honneur pachtoune, les observateurs distinguent trois mouvements distincts: les Afghans; ceux liés au Clan Haqqani qui, opérant depuis le Waziristan Nord, défie les autorités Afghanes et qu’on dit en collaboration avec l’ISI pakistanaise; et le Tehrik-I-Taliban dont l’objectif est de faire une révolution au Pakistan.
*** Fait référence à un ancien territoire composé de l’Afghanistan actuel, de l’Ouzbekistan et de parties du nord-est de l’Iran, du Tadjikistan, du Turkménistan, et d’une parcelle nord du Pakistan, et où se sont succédé. Wilayat signifie province en Arabe. Dans sa répartition actuelle, L’EI utilise ce terme pour désigner des territoires qu’il contrôle ou qu’il revendique via des groupes armés qui lui sont affiliés.
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3 réflexions sur “L’étrange cas de Bilal Abdul Kareem

  1. Bonsoir

    Bel article, Merci à vous.

    Continuez, s’il vous plait, à en poster.

    J’aimerai ajouter 2 points:

    1) C’est la force et la faiblesse de nos démocratie d’ accepter/tolérer en son sein, ce genre d’individu: en marge, contre nos régimes politiques, mais n’ayant rien fait d’illégal.
    C’est extrêmement rageant de ne pouvoir rien, mais on ne peut que croiser les doigts jusqu’à ce que ces personnes fassent un faux pas.

    2) Pour la « négociation » dont parle monsieur Jalal, il faut se mettre d’accord sur quoi négocier avec les différents groupe islamistes armés:
    -Les prises d’otages.
    -Les cessez-le-feu PROVISOIRES.
    -Les conditions de reddition suivit d’amnistie et de réintégration dans la société.

    Il ne peut y avoir, de mon point de vue, de négociation sur des changements importants de fonctionnement de la société.
    Si on peut accepter des revendications concernant plus de justice (c’est même nécessaire), on ne peut accepter celles concernant leur corpus idéologique.
    Les islamistes qui acceptent de déposer les armes doivent accepter la société telle quelle est. Il ne peut être question de l’ajout « d’une pincée de Sharia » ici ou là dans le code pénal.

    C’est valable au Mali, Syrie, Irak, mais aussi en Europe.

    A l’étranger, la création d’une théocratie sunnite indépendante, du type Emirat Islamique d’Afghanistan (1996-2001) est hors de question. Il suffit de voir tout les maux et les morts en résultants, apportés par le Soudan entre 1989 et 2009 (et même après). Et pourtant cette dictature islamo-militaire, pendant sunnite de l’Iran, fut bien plus modérée que l’Emirat des Talibans.

    En Europe, on ne peut accepter la mise en place d’un communautarisme incontrôlé qui aboutirait à l’installation de tribunaux islamique comme au Royaume-Uni, tout en n’apportant aucune protection de la population vis à vis des groupes djihadistes.

    On ne peut gagner contre les djihadistes, militairement ou par une politique répressive que se soit à l’étranger ou en Europe. Pire, il faut apprendre à utiliser notre force parcimonie et ne pas nous engager dans des aventures au loin sans buts et planning précis.
    Néanmoins, nous devrons continuer la guerre par les armes contre l’EI, AQ et tous les groupes « Takfiri » jusqu’à ce que nous soyons en position de force écrasante pour entamer des négociations. Ceci, quitte à avoir des dommages collatéraux qui seront repris par la propagande adverses. Gagner le cœur et les esprits est fondamental, mais ne fait pas tout.

    Meilleures Salutations et bonne continuation
    Jeb

    Sharia courts in UK:
    (http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/droit-et-justice/royaume-uni-les-tribunaux-islamiques-sont-toleres_2011485.html)

    1. Ces groupes islamistes qui sévissent au M.O, en Asie Centrale, en Afrique Noire, ou en Asie du sud-est, sont nés le plus souvent dans des régions instables minées par la corruption ou par des dictatures sanguinolentes. Ce qui, en soi, signifie que le terrain a été préparé. Effectivement, les conséquences d’implantation d’un émirat islamique conforme aux idéaux d’Al-Qaida ou l’expansion du « Califat » serait amplement désastreuse pour les régions concernées. Elles entraîneraient des effets dominos, ou seraient sources d’inspirations.

      La donne n’est pas la même en Occident. Jusqu’au 11 septempbre 2001 les islamistes avaient un peu cette image de loosers illettrés qui attaquent à la bombe artisanale ( sauf dans certaines productions hollywoodiennes pétomanes). Dans les années 90, le GIA qui partait d’Algérie n’aurait jamais attiré des ascendants marocains ou tunisiens. Et même dans leur histoire, les groupes islamistes se différencient en ce qu’ils sont nés dans des contextes très différents et donc ne peuvent qu’être très divergents ( et ça l’est encore, notamment entre Talibans Afghans et Pakistanais) et soucieux aussi de respecter des coutumes locales, d’où aussi la préférence pour certains de préserver leurs liens avec Al-Qaida. L’EI, lui, est l’âme noire de la mondialisation. De plus, et c’est là tout le problème, ses cadres actuels sont nés dans la génération Y ( entre 1980 et 1999) qui est hyperconnectée en plus d’être celle qui, paradoxalement, est le plus en proie à des crises identitaires.

      Ajoutez à cela ce consumérisme qui aseptise tout…

      Le djihadisme est la forme brutale du fondamentalisme islamique. Dans un pays comme la France, où la constitution ne fait pas de différence entre citoyens, et où hélas des politiciens sont allés chercher des voix en s’affichant auprès d’institutions communautaires très contestables, elles-mêmes ensuite talonnées par des courants encore plus radicaux, le djihadisme s’est développé en se faufilant parmi les courants salafistes, FM, ou Tablighis ( on a tendance à les oublier), qui posent déjà en soi des problèmes car même si ils sont non-violents en actes ( mais pas en paroles) leur objectif premier et non-avoué c’est d’instaurer un état dans l’état. En plus, ils procèdent à des manipulations mentales inouïes à l’instar des sectes comme le Temple Solaire. Après, ils ont des divergences me direz-vous. Ce qui pose aussi, et c’est délicat, la question de leurs interdictions…

      Or, on a cette tendance à croire qu’en Démocratie tout serait permis. Que ce serait sa force première. Là où j’ai un point de désaccord avec vous, c’est que les islamistes- à même d’autres mouvements- qui décident d’adhérer aux principes de la démocratie…auront dans leurs têtes des agendas et que leur but sera de manoeuvrer/manipuler pour imposer leurs idéaux à tous.

      Merci pour votre commentaire, ça fait chaud au coeur. 🙂

      1. C’est moi qui vous remercie de votre réponse.
        Elle fait aussi chaud au cœur!

        Comme vous le dites, les différents groupes islamistes en France et plus généralement en occident, ont un agenda politique. Un des objectifs est de s’incérer plus ou moins visiblement dans nos sociétés.
        Le problème est qu’ils sont presque toujours parfaitement légaux. De plus, s’ils se haïssent entre eux, ils sont aussi haï et ciblés par les djihadistes d’AQ et de l’EI.

        Il est a noter que l’entrisme se fait aussi chez les groupes djihadistes, dans le reste du monde. Ceci est valable même pour AQ.
        Il n’y a gère que l’EI (et encore) et Boko Haram version Shekau qui ne nouent pas d’alliances et exigent la soumission de tous.
        Ceci est très problématique, car à défaut d’être l’unique maitre (loin s’en faut), Fatah Al Sham, de part son noyautage, est quasiment indélogeable de la région d’Idlib, même s’il n’est pas très apprécié par le reste de la population et des rebelles.
        De même AQ a un pied bien ancré en Libye, via par exemple le Conseil des Moudjahidines de Derna où les partisans de (ex)Al Mourabitoune sont chargé de la représentation d’Aqmi ( en gros).
        A se sujet ( du C.M.D.), certains individus (journaliste et autres) ont avancé, à raison, que la bataille de Derna était la preuve que la solution contre l’EI est « locale ». Ceci est vrai. Néanmoins peut-on considérer que le C.M.D., les Talibans, Ahrar Al Sham ou Zinki, sont des solutions pour battre efficacement l’EI ? Malheureusement je pense que non et que l’on ne doit pas se compromettre avec « moins pire que l’EI ou AQ ». Ceci est aussi valable pour le Hezbollah, les Pasdarans ou le PKK contre l’EI et Fatah Al Sham.

        Que se soit en Afrique, en Asie ou en Europe, il est nécessaire de fixer une ligne de démarcation, entre les « islamistes » qui méritent notre support et ceux qui ne le méritent pas.
        Personnellement je me désole qu’à droite (mais pas toute la droite), comme dans une certaine partie à gauche, on refuse de voir la complexité du problème du djihadisme.
        Je me désole aussi qu’à gauche, des bons analystes acceptent, dans la lutte contre AQ et l’EI, des individus peu favorables au(x) modèle(s) occidental, ceci au nom du réalisme sur le terrain.*

        De même, vu que a déradicalisation n’existe pas et que seul importe le désengagement vis à vis de la violence, on se retrouve avec l’aberration de Younes Delafortrie en Belgique, libre tout en restant pro Sharia et attentats suicide!

        Tout ceci est bien navrant et donnera des maux de crâne pendant biens des dizaines d’années.
        Ceci sans compter les extrêmes droites et gauches qui montent chez nous et la Russie qui les soutient plus ou moins ouvertement.

        Au plaisir d’échanger avec vous.
        Continuez, s’il vous plait, votre blog.
        Merci encore.

        Meilleures salutations

        Jeb

        P.S. * En France, si Tareq Oubrou et Mohammed Bajrafil sont acceptables, sont-ils efficaces dans la lutte contre les Takfiri ?
        De même, les frères Ramadan ainsi que Abou Houdeyfa sont-ils encore acceptables et efficace ? Si on répond oui, pourquoi ne pas aller jusqu’à Maamar Metmati (lol) voir même Aissam Ait Yahya (lol) ? Avec ce genre de raisonnement, on risque de faire rentrer l’ours dans la bergerie dans le but de chasser le loup.

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