Dupont-Aignan, cet agent de l’EMNI qui s’ignore…

Nos politiciens contemporains sont un cas d’école: ils nous montrent tout ce qu’il ne faut pas faire…

Et le pire, ce sont bien ceux qui le font en croyant briller d’intelligence ou en se posant comme les figures d’un politiquement incorrect qui ne choquera que leurs opposants de gauche guère mieux dans le fond.

Nicolas Dupont-Aignan, a.k.a NDA, est un grand spécialiste des coups d’éclat dans l’eau. Quelques années auparavant il nous habituait à mieux en se distinguant, tout de même, de ses anciens camarades de l’UMP impliqués dans d’interminables scandales. Puis NDA est parti en vrille, c’est le cas de le dire. Entre sa déclaration à l’emporte-pièce sur le non-accueil des migrants syriens par les pays voisins, alors que le Liban et la Turquie du détestable Erdogan continuent d’en accueillir massivement ( bien que le second compte les utiliser pour faire chanter l’obsolète Union Européenne), ou alors la citation autour du Grand Remplacement de population pour évoquer les chiffres de la natalité alors qu’en réalité cette expression scabreuse désigne la première personne qui aurait la tare de présenter une pigmentation colorée comme étant un envahisseur, fut-ce-t-il question d’un ou d’une ingénieur(e) maîtrisant la langue Française.

Voila que notre NDA national s’avérait présent, apparemment, à l’aéroport d’Orly le jour où l’attaque d’un forcené a été évitée de peu. Dieu merci. L’assaillant et le politicien n’étaient, évidemment, pas dans le même terminal. De bonne foi, ou cherchant le buzz qui sait, NDA s’est senti obligé d’étayer sa dénonciation d’insécurité en prenant une photo ( voir ci -dessus).

  Le souci, et ça été très bien soulevé par des Twittos sur la TL de l’élu, est que 1) sur l’instant, lorsqu’une attaque de ce genre a lieu, personne ne sait- puisque c’est momentané- le nombre exact d’assaillant. Si il s’agit du fait d’un seul individu ou de plusieurs. Là, fort heureusement, l’attaque n’a été perpétrée que par une seule personne. Allez, soyons parano…imaginons qu’il eut été question d’une attaque en groupe, avec des assaillants connectés aux réseaux sociaux via Smartphones- hé oui, la techno-guérilla- et répartis à plusieurs endroits.Les dégâts auraient été tout autres.

2) Personne n’a demandé à NDA ou à quiconque de jouer avec sa vie. Dans ce cas cassez-vous, ni tweet, ni com facebookien, ni selfie, on vous a pas demandé de prendre une balle pour nous, les gars…

3) Nicolas Dupont-Aignan n’est tout de même pas n’importe qui. Il est candidat aux prochaines élections présidentielles. En l’occurrence, il constituait une cible potentielle de premier choix ( et en plus il donne sa position exacte!).

4) S’agissant de L’État Islamique: il a été révélé en grande pompe par la journaliste étasunienne Rukmini Callimachi, bien qu’un article du Parisien le mentionnait un an auparavant, que cette organisation terroriste disposait de son propre service d’opérations extérieures, L’Emni. Globalement, dans ce qui est rapporté, des agents sont chargés de recruter des « loups solitaires » qui présentent des profils adéquats ou de coordonner des attaques groupées. Question: comment on planifie une ou plusieurs attaques? En faisant des repérages, en collectant le plus possible de renseignement pour détecter les failles, en tirant les conclusions d’un ou de plusieurs échecs précédents, par exemple…ou par la simple capture d’écran d’un « gentil garçon » souhaitant confirmer les propos de NDA!

Là, ci-dessus, nous apprenons qu’en cas d’attaque du monde peut sortir à travers telle ou telle porte sans qu’il s’y trouve un seul policier. C’est bien, continuez à renseigner l’ennemi.

Il apparaît que des bourdes ont aussi laissé leurs empreintes dans l’histoire de l’espionnage et de la sécurité. Une des plus retentissantes a été la conclusion amère de l’affaire Farewell. Ainsi pour justifier l’expulsion de diplomates soviétiques soupçonnés d’espionnage, le chef de cabinet du Ministère des Affaires Étrangères, n’avait rien trouvé de mieux que de montrer à l’ambassadeur de l’URSS la liste originale qui répertoriait les agents du KGB présents sur le territoire Français. Du coup, cela facilitât l’enquête du KGB pour débusquer  » le traître », car la liste des personnes en connaissance de ce document était restreinte, et de l’exécuter une année plus tard d’une balle dans la nuque.

Dans le genre winner j’évoquerais bien le cas de Damien Rieu qui a fait son intéressant pour les besoins d’un article sensationnaliste de RT France reprit en écho par Sputnik. Où dans la posture qu’on lui connait, celle d’un valeureux identitaire en pointe du combat contre une Islamisation hystérisée pour distiller des idées nauséeuses, ce monsieur s’est senti de nous livrer son analyse: Des failles sur le système technique et des failles je dirais de renseignement, car lorsqu’on arrive dans un aéroport, on n’est pas questionné sur l’endroit d’où l’on vient. On est en état d’urgence, on est dans une situation de guerre et c’est totalement ahurissant: quoi qu’on ait fait en Syrie, que ce soit pour de l’humanitaire ou pour tout l’inverse, il faut au moins que la police vérifie, contrôle, pose quelques questions sur le parcours qui a été réalisé dans un pays aussi dangereux.

Et naturellement, pour lui aussi confirmer ses dires et illustrer une tentative de récupération politique via des médias controversés, il a eu « le génie de se filmer« . Outre qu’il nous fait un accès paranoïaque, qu’il se décrédibilise dans son accusation ( voir sur le même article de Sputnik la réponse du spécialiste du renseignement), il a possiblement donné de quoi faire réfléchir l’ennemi. Que nos systèmes et services de sécurité soient soumis à la critique, que la majeure partie des citoyens soient tenus informés, bien sûr. Mais des journalistes ou des spécialistes de la sécurité le font pour soulever des problèmes. Pas pour faire élire aux prochaines présidentielles une candidate qui a contentieux avec l’Union Européenne concernant une certaine affaire d’assistant parlementaire.

On appelle ça aussi, je crois, des lanceurs d’alertes.

Notre Jipoune national, justement critiqué pour avoir diffusé les avis de recherche des Frères Kouachi et de Mourad Hamyd ( radicalisé, mais innocenté pour la tuerie de Charlie Hebdo), a récemment récidivé en diffusant la photo d’un individu recherché par la DGSI!

Ce qui n’est semble-t-il pas rentré dans le crâne de celui qui bloque tout le monde sur Twitter, et pourtant c’est ce qui lui fut rétorqué pendant son procès pour la diffusion de l’avis de recherche des Kouachi, est que sachant maintenant sa gueule balancée sur les réseaux sociaux l’individu dangereux en question aurait très bien pu passer à l’acte. Ils doivent être très contents à la DGSI, eux qui se tâchent d’oeuvrer dans la discrétion et de consacrer énormément de temps. Déjà que Le Parisien révélait quelle furent leurs méthodes pour remonter une filière djihadiste dans un article de Janvier 2017, exposant ainsi un policier et possiblement un indic’.

Ou l’histoire qu’un journaliste, en plein état d’urgence, puisse consulter la Fiche S- un document confidentiel- d’un spécialiste du Djihad qui, plus jeune, a effectivement traîné dans les milieux islamiste et que tout ce se dit sur lui vient d’éléments pro-EI ou pro-AQ…

Les Français ont droit de savoir. Toutefois, si certaines informations sensibles sont classées confidentielles ou qu’elles demandent à être traitées avec soin…dîtes-vous que ce n’est pas pour faire joli.

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