La rage après l’horreur

Que les choses soient dites. Oui, Charlie Hebdo était ( et restera toujours) critiquable pour la vulgarité de certaines publications. Oui, on a tout à fait le droit de ne pas approuver. Mais eu égard à ce qui se passe dans le monde, forcément, on peut aussi se dire qu’une caricature part d’un fait vrai ( qu’on a juste exagéré) et qu’avant de prendre toutes les choses pour argent comptant, des fois, oui des fois, se remettre en cause n’a jamais fait de mal à personne.

De même que si l’attentat avait été perpétré au siège de Minute, ou du National Hebdo, que je suis à des lieues d’admirer, le sentiment d’horreur aurait été le même. Lorsque des fous invoquent Dieu pour ensuite piller, massacrer, violer, et s’approprier les biens d’autrui…Ne sommes-nous pas déjà dans la caricature?

D’autre part, cet attentat est une des nombreuses conséquences de ce climat pesant qui est loin d’être le seul fait de barbus criant au Djihad. En effet, depuis les lendemains des attentats du 11 septembre combien de fois n’a-t-on pas vu des associations communautaires ( apparentées au CRAN, au CRIF, à l’UOIF)), religieuses ( CIVITAS), LGBT, ou autres Riposte Laïque et Bloc Identitaire, faire leurs  » actions coup de poings » pour des petites choses:

Officiellement on a: des manifestations retentissantes, parfois des menaces de poursuites pénales qui prennent forme de phrases lancées en l’air.

Officieusement: menaces de mort ( faits d’abrutis), pressions sur les instances ( municipalité, élus, etc).

– Chers membres de la Brigade Anti-Negrophobie. Pouvez-vous nous dire qui vous force à aller voir Exhibit B? Que Louis-George Tin nous détaille ce qui le force à lire Tintin au Congo ( doit-on expliquer que durant les années 30 les gens ne pensaient pas de la même manière qu’aujourd’hui?)…

– Aux activistes musulmans qui vous indignez face aux sorties des livres de Zemmour et de Houellebecq: personne ne vous force à aller acheter leurs livres. Et même posez-vous des questions sur ce qui fait leurs succès.

– Une exposition photo illustrant le conflit israélo-palestinien ne vous plait pas monsieur Moskowitz? C’est votre droit! Vous avez le droit de ne pas être d’accord! Mais personne ne vous force à aller la voir! Et pareil pour vous Monsieur Cukierman qui vous indignez à tout va parce qu’une série ne relate pas le conflit israélo-palestinien de votre point de vue, rien ne vous empêche de zapper…

– Comme vous Monsieur Fabrice Robert, du Bloc Identitaire. Vous êtes tout à fait dans votre droit de ne pas apprécier les paroles d’une chanson de Kery James. Mais personne ne vous place un couteau sous la gorge pour vous y rendre. De même, Madame Tasin, Mesieurs Cassen et Hillout, personne ne vous force à acheter un Coran et à vous convertir à l’Islam.

– Les petits gars de BDS. Votre solidarité vis-à-vis des Palestiniens vous honore. Toutefois, lorsque vous bloquez l’accès à une salle de cinéma ( dans le cadre d’un festival de films israéliens, où en plus les réalisateurs avaient pris le pari de contrer l’influence idéologique de l’extrême-droite nationaliste) vous n’êtes plus dans une action boycott. Vous en venez exactement à faire ce que vous dénoncez. Mais là pareil personne ne vous force à aller voir ces films.

– Les Civitasiens qui demandaient la censure de Tomboy sur Arte. Qui vous obligeait à en parler? Avez-vous des poignets si vibrants que vous craigniez de pianoter le chiffre 7? Pareil, personne ne vous force à regarder ce film.

– Les Upériens, personne ne vous forçait à regarder le programme de France 2 sur ce qui se passerait si la France sortait de l’Euro.

– Les Soraliens et LLPistes, qui êtes en train de vous entre-déchirer, personne ne vous force à regarder les clips de Kaaris ou de Lady Gaga. Et si vous estimez être tenté par Satan de mater un film porno n’importe quel psy- vis-à-vis duquel vous seriez tenté de faire des recherches sur ses origines ou sur une affiliation à un ordre secret tapi dans l’ombre et dans la nuit voué au Dajjal- vous ferait comprendre que le problème il est dans votre tête.

– Les Antifas, aucune milice n’est-là pour vous emmener de gré ou de force aux conférences de Chouard.

Parce que des gens ont décidé, ou estimé, que le contenu d’un film, d’un livre, d’une chanson, d’une pièce de théâtre, ou d’un dessin satirique, n’était pas à leur convenance alors il faudrait que ce soit le cas pour le plus grand nombre. Au mépris de la liberté de pensée. Certes, les contenus blessants ça existe. Mais soyons honnêtes, la motivation principale est d’étouffer toute forme de critique: à l’extérieur de sa communauté ou de son parti au but de montrer sa force, et à l’intérieur parce qu’on a la trouille de perdre son leadership ( entendons-aussi les ambitions personnelles, les intérêts de chacun).

Sans négliger la dimension marketing: ça permet de faire parler de son truc-bidule-machin…Et on a sa petite image à la télé!

Et les assassins de ces douze personnes n’ont fait qu’aller plus loin dans cette logique. Pardon, vous ne savez pas? Ils se déclaraient offensés, les pauvres.

Pensées aux victimes mortes sous les balles de la connerie.

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