Différence entre Pax Romana et Pax Americana

Le philosophe d’origine Allemande Léo Strauss voyait dans son pays d’accueil le moins pire des pays.. Contrairement à ce que l’on peut entendre Strauss n’est pas le père fondateur du néo-conservatisme, et encore moins de la Révolution Conservatrice qui n’est pas un concept Américain- mais qui provient bel et bien des milieux nationalistes Allemand pré-Hitleriens qui, globalement, oscillaient entre des anciens soldats s’estimant humiliés par le Traité de Versailles et des bourgeois très conservateurs à l’antisémitisme prononcé. En réalité, Strauss n’était pas vraiment convaincu par la Pax Americana. C’est plutôt à Allan Bloom, et plus tard à des personnages sinistres tels que Paul Wolfowitz ou Norman Podhoretz, ou bien au naïf Thomas Friedman, auxquels on doit les dégâts de ce projet globalisant qui s’attaque directement au souveraineté des nations pour les remodeler suivant des impératifs économiques.

En un peu plus de deux mille ans l’Homme aura inventé deux impérialismes antagonistes.

Il faudra la chute de Tarquin le Superbe pour que les Patriciens mettent définitivement un terme à l’Étrurie. D’après les historiens les sources quant à la fondation de la République Romaine sont encore obscures. République vient du latin Res Publica, la chose publique. Ainsi tout ce qui attrait à la gouvernance est publique. Le pouvoir se définira ainsi: Senatus Populusque Romanus ( SPQR), qui en gros veut dire le « Sénat et le Peuple Romain« . De là s’opérera la distinction suivante entre Patriciens ( les aristocrates, les biens-nés) et Plébéiens ( le peuple). Le tournant sera dû à un homme, Caius Iulius plus connu sous le nom de Jules César. Contrairement à ce que peut nous laisser entendre notre culture Astérix l’empire n’a pas été proclamé sous César, bien que celui-ci avait entamé des réformes avant son assassinat, mais sous son fils Octave qui obtiendra le titre sacré d’Auguste ( du latin  » l’homme dont la parole a force d’augure »). Le terme d’empereur découle du latin Imperare, qui signifie  » commander ». L’impérium assurait droit de vie sur tout sujet ( dont les sénateurs), les commandes des armées, la gestion des finances de l’empire, la pleine maîtrise des cultes, ou le droit.

En comparaison, le président des Etats-Unis n’est qu’un levier garant des institutions et n’a pas tous les pouvoirs décisionnaires ( pour modifier ne serait-ce qu’un amendement de la constitution il devrait faire tout un tas de démarche!). C’est un état fédéral géré par des gouverneurs, qui eux peuvent user de lois fédérales que le Président n’a absolument pas le droit de toucher, et à quelques variantes près elles concernent plus les citoyens américains que les compagnies industrielles…puisque chacune n’est encadrée que par quelques lois antitrust développant le droit à la concurrence sans limite ( ce qui encourage l’impératif de production)*.

Les Etats-Unis d’Amérique sont nés officiellement le 4 Juillet 1776. Les premiers migrants étaient pour la plupart des individus issus de courants protestants ( Baptistes, Anabaptistes, Hamish, Presbytériens, Quakers) et anglicans ( les Puritains) qui s’y sont réfugiés pour pratiquer librement leurs cultes. D’où l’origine de cette culture ultra-messianique visible au travers des billets de banques. Officieusement, la devise aurait pu être Homo Homini Lupus, l’Homme est un loup pour l’Homme, car contrairement au protestantisme de Luther ces formes de christianisme insistent ardemment sur le Salut par les Oeuvres. L’accomplissement du travail personnel pour une oeuvre générale. Dans une nation pionnière le Travail est le mot d’ordre, sinon on crève, et ce qui prime est avant tout la Production plutôt que la réflexion ( car celle-ci aurait vite fait de tirer du marasme les citoyens). Les pasteurs américains avaient donc intérêt à pousser le fondamentalisme haut et fort car il s’accordait à merveille avec l’esprit travailleur, et là où le bât blesse est qu’on voit sciemment que le Traditionalisme ( Fondamentalisme) est source de racialisme car il fait déjà opérer une distinction entre  » Nous et les Autres » tout en servant des impératifs économiques justement contraires à la morale religieuse. Voire, il sert de justificatif comme ça a été le cas avec les Espagnols vis-à-vis des populations sud-amerindiennes, des expansionnistes Européens et Arabes vis-à-vis des peuplades Africaines ( Nord et Sud compris), des expropriations nazies pour les Juifs, du suprémacisme russe sur ses voisins slaves, ou à l’heure actuelle de l’Arabie Saoudite et du Qatar vis-à-vis des nations Chiites. En considérant que l’Autre en face est d’un niveau culturel inférieur, qu’il est trop bête pour savoir cultiver ses propres richesses ou qu’il ne doit absolument pas se retrouver en position dominante sinon pour mes affaires ça ne le fait pas, on peut ainsi justifier des conquêtes, des massacres de tribus nord-indiennes, et s’accaparer ainsi des terrains avec gisements de pétrole…puis faire venir de la main d’oeuvre à bas prix d’Afrique et instaurer son business.God Bless America. Si on regarde bien la guerre Nord-Sud n’avait que des impératifs économiques, et les populations esclaves étaient comprises dedans: biens pour les propriétaires du Sud, main d’oeuvre potentielle pour les futurs industriels côté nord.

Les Romains pratiquaient l’esclavage, mais il était fort différent et comportait des degrés et au vu des faits rapportés un maître reconnu coupable de maltraitance sur son esclave pouvait payer un tribut ( alors que sous le système américain il était recommandé de les bastonner pour mieux les dresser). Le système voulait même que l’affranchissement puisse être permis et l’esclave devenait alors citoyen à part entière. De même que tout enfant d’esclave naissait Romain. Pour être simple lorsque les Romains conquéraient une contrée celle-ci se voyait de facto assimilée à l’empire. Les USA ne parlent pas de conquérir ( pas officiellement), et ils laissent ce « messianisme apparent » faussement naïf laisser entendre qu’elle est la nation élue pour répandre la démocratie dans le monde.

Un parallèle est à faire avec le messianisme des colons Néerlandais qui- deux cent ans auparavant- se comparaient au peuple d’Abraham et voyaient dans la future Afrique du Sud une Terre Promise. Ou encore bien avant la fondation d’Israël le messianisme de Marcus Garvey en partie inspiré par le sionisme, pourtant antisémite, qui appelait les Noirs Américains à retourner vers la Motherland, la Terre Promise, ce qui donnera la naissance au Libéria. Et force est de constater que ces deux messianismes ont crée des chocs considérables: Apartheid en Afrique du Sud, affrontements sanguinolents entre Autochtones et « Americains » au Libéria ( et dont l’élite des seconds a fait subir aux premiers ce que leurs ancêtres esclaves ont enduré aux USA. Et comme quoi l’histoire se répète les meilleurs alliés du projet à Garvey étaient des membres du KKK, et ceux de l’actuel gourou leader panafricain sont des nazillons « nationalistes racialisants ».

Lorsque la Pax Romana était instaurée l’envahisseur se donnait la tâche d’apporter des infrastructures ( routes, canalisations, écoles, administrations), car la mission était civilisatrice et non messianique. Bien sûr ça n’a pas été sans heurts ( viols, massacres) ou sans saccages ( notamment la destruction du Temple de Jérusalem décrêtée par Titus). La Pax Americana, elle, est une opération décidée par des lobbys vu que tout est privé, que la concurrence ne connaît en fin de compte aucune limite, et l’exemple le plus révélateur est celui de l’artillerie: fabriquée, les armes puissantes doivent être impérativement vendues. Business is business. L’embargo sur l’Iran, on s’en fout si y a moyen d’un billet. Et parfois, stratégiquement parlant, il y a tout intérêt à déclencher des conflits pour faire ensuite pression sur le gouvernement afin qu’il intervienne ( de préférence avec une coalition, comme ça le United of Democratic Nations tapera à l’oeil du plus crédule), ainsi d’autres compagnies en chevilles pourront se partager les biens impunément appropriés au nom de la Démocratie ( pensée à Halliburton qui a engagé des mercenaires…qui se sont retrouvés à donner des ordres lors des interrogatoires peu orthodoxes). Le principe de la Pax Americana n’est pas défini exactement par la Maison Blanche, plutôt par Langley. Mieux que quiconque la CIA a compris l’intérêt qu’elle avait de faire mousser les cartels Colombiens et Mexicains sous prétexte de lutte contre le communisme, ou bien encore de créer des narco-états tels que l’actuel Afghanistan anciennement sous la croupe des Talibans.

Vous l’avez compris la Pax Americana s’appuie sur un système de pactes tacites où seul un opportuniste voyant l’intérêt de vendre sa mère peut y trouver intérêt.

Niveau moeurs: les Romains étaient effectivement très libres, et à leurs orgies ne participaient pas que des adultes consentants. Les USA, on le voit souvent via les séries, prônent une certaine forme de pseudo-puritanisme qui complaît aux prestidigitateurs des Megachurches…cependant, c’est aussi le pays qui possède l’industrie pornographique la plus productive et la plus variée. Et même si sous l’administration Bush il y eut un petit semblant de moralisation des jeunes avec l’abstinence sexuelle avant le mariage, et que des pratiques comme la double pénétration ont été interdite dans les vidéos à destination du marché national, il n’y a pas eu d’interdiction de même type pour les vidéos exportées. Au point que l’impératif de production serait confronté à de fréquents problèmes: comme l’âge réel de certain(e)s interprètes et la transmission du VIH…et les chiffres seraient largement au-dessus de ceux qu’on annonce.

* Lois Sherman et Clayton

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