Interview de Pablito Waal, responsable de l’Arsin

Spirale Zone: Pouvez-vous présenter et décrire votre parcours?

Commençons court. Je suis un ancien militant du PCF, de 2005 à 2011, puis j’ai fait un tour du côté de l’UPR en 2011-2012, et ai créé le site de l’ARSIN en 2011.

Pour faire plus long : j’ai quitté le Parti pour plusieurs raisons. La première est que l’importance du combat souverainiste prenait de plus en de place chez moi, tandis que le programme du Front de Gauche en matière d’économie et de société ne me paraissait plus – en fait plus depuis longtemps – souhaitable. La seconde étant que je ne croyais plus à un redressement interne du PCF. Non pas parce que c’est impossible, mais parce que le Parti est trop divisé et ne veut pas se reconstruire. Il y a d’une part une direction « légitimiste », la lignée Buffet-Laurent, dont l’ambition se réduit aux questions sociétales, à une posture protestataire sur le plan économique, et surtout à conserver leurs places élues – ce qui n’est pas un mal en soi, l’important étant de savoir ce que l’on fait de ce capital politique. Et en face, une nébuleuse de factions, notamment implantées dans certains bastions ouvriers, mais aussi des idéologues qui souhaitent principalement professer le marxisme jusqu’à la fin de leurs jours. Parmi les opposants, se trouve également André Gérin, l’ancien maire de Vénissieux, dont la réputation d’ignoble islamophobe est faite depuis son action pour l’interdiction de la burka. C’est vers lui que se portait ma plus grande sympathie : pas un grand théoricien, certes, mais un maire de terrain, et son blog porte en en-tête « J’aime le rouge dans le respect du blanc et du bleu », ce qui résume pas mal de choses. Il m’a suffi de voir ce qu’il pouvait déguster de la part des professeurs de marxisme d’un côté, et des croisés du « vivre-ensemble-dans-une-société-d’émancipation-humaine » (soit tout ce qu’il reste d’idéologie officielle au Parti) pour comprendre que je n’avais plus ma place dans l’organisation.

Je suis allé vers de nouvelles aventures, en créant le journal Socialisme & Souveraineté en 2010-2011 (avant ma restitution de carte du PCF, j’avoue), avec quatre autres personnes (http://www.arsin.fr/pages/nos-journaux.html). Cette publication, qui tentait d’établir une ligne socialiste originale, renouvelée et patriote, n’a pas eu le succès escompté, et a pris fin au bout de huit numéros.

D’où mon passage ensuite à l’UPR, où j’ai eu le déplaisir de voir que François Asselineau, malgré un travail conséquent et que, globalement, j’approuve, a choisi de se battre avec ses adversaires sur leur terrain (les élections), avec infiniment moins de moyens. Cette stratégie porte un nom : défaite. Et ce même avec le dévouement parfois énorme des militants…

SZ: Qu’est-ce qui vous a amené à créer l’ARSIN?

L’ARSIN est la reconversion de Socialisme & Souveraineté. Les idées de base invoquées sont que puisque nos publications ne suffisent pas à faire le buzz, autant réunir celles d’un nombre plus large de blogueurs avec lesquels nous avons des points forts en commun, et si possible organiser le débat.

Par débat, j’entends au moins deux choses : d’abord, mettre à portée de celui qui découvre une thématique qu’il croyait fermée (comme la question du libre-échange et du protectionnisme) ou ignorait totalement (le tirage au sort), une variété d’arguments sur au moins deux positions. Ensuite, et c’est sans doute le point le plus ambitieux, essayer de résoudre des questions factuelles. Car tout débat se décompose d’abord en une discussion factuelle (quels sont les faits sur lesquels on peut s’accorder ?) et le débat analytique (qui reste forcément ouvert, vu que la politique et toutes les sciences humaines qui sont évoquées pour l’appuyer ne sont pas des disciplines exactes, et que l’interprétation reste multiple). Mais si au moins nous pouvions, au terme de la confrontation des faits, déjouer des positions reposant sur une vision plus que déformée de la réalité, ce serait déjà formidable…

Malheureusement, il faut dire ce qui est : bien que fondée par quatre personnes à l’origine, l’ARSIN a un animateur principal qui n’est autre que votre serviteur. Nous manquons vraiment de moyens humains pour développer notre projet. Peut-être un autre mode de communication (la vidéo, enfin ?) pourrait changer cela. Pour l’instant, l’ARSIN est un site de revue de blogs, un méta-blog. J’en tire un profit informatif personnel, et j’espère qu’il en est de même pour nos lecteurs.

SZ: A quel moment vous êtes-vous intéressé à la politique?

Très tôt. Peut-être trop. A treize ou quatorze ans. Je me suis considéré comme communiste depuis l’âge de seize ans, et ai commencé mon premier essai à dix-sept. Je dis « trop » jeune car l’un des travers de la jeunesse est de faire son opinion et de commencer à réfléchir sur les systèmes de pensée et les façons de changer le monde. Alors que, pour reprendre ce que dit notre blogueur partenaire Descartes, il faut d’abord s’informer en Histoire avant la Philosophie, et connaître le possible avant de songer au souhaitable.

Ceci dit, ayant choisi une cause ardue à défendre – le communisme – j’ai fatalement dû m’intéresser à l’Histoire, et pas principalement sur la lecture des classiques – je ne suis pas marxiste – mais sur le passé des régimes dits communistes, pour essayer de comprendre comment on avait pu en arriver là. Je ne suis pas devenu historien, mais j’estime avoir une grille de lecture autre que celle de « l’Utopie qui a invariablement mal tourné ».

Mais puisqu’on parle de parcours personnel, je dois ajouter que les années 2004-2005 (j’avais dix-neuf et vingt ans) furent un tournant, notamment avec la question européenne qui a occupé tout l’espace médiatique jusqu’au 29 mai 2005. Je m’arrachai à la tentation trotskyste (une maladie de jeunesse trop répandue) et ai pensé trouver un terrain plus constructif au PCF pour apprendre la politique concrète et développer mes idées. Choix que je n’ai pas regretté, car, comme je l’ai expliqué plus haut, le Parti n’a plus de projet idéologique, mais au moins a-t-il encore une structure militante qui fonctionne, bien qu’elle se dépeuple inexorablement. Ce fut une école vraiment intéressante, même si je n’y ai pas trouvé ma place.

SZ: Comment expliquez-vous le dédain des politiques pour tout ce qui émane du peuple?

Je ne suis pas sûr de partager ce constat. Les politiques ne sont pas hostiles au peuple, disons qu’ils s’en désintéressent quand ils n’attendent pas ses voix, mais évitent de l’insulter trop ouvertement. Le PS et l’UMP n’ont qu’une minorité de leur électorat parmi les ouvriers, et ils savent que leur base est celle des salariés moyens-aisés, plus des professions libérales pour l’UMP, davantage du secteur public pour le PS, enfin bref : de ceux qui ne souffrent pas le plus de la crise, parce qu’ils ne sont pas les prolétaires du secteur industriel qui s’étiole, ni les chômeurs, ni les salariés pauvres. Ces dernières catégories ne votent pas ou peu, et ne se portent pas massivement sur le FN comme celui-ci voudrait le faire croire. Le PS et l’UMP mette le sociétal et les questions budgétaires en première position, et ils ont raison de le faire vus leurs électorats. Il est bien sûr toujours bon de faire apparaître de temps en temps un candidat avec un casque de chantier devant les salariés d’une industrie en crise, mais c’est plus pour symboliser l’attention charitable de la classe politique envers ceux qui perdent leur situation qu’une réelle volonté d’agir – ou même une capacité d’agir, car soyons justes : quelle est, dans le cadre de l’Union Européenne, de la monnaie unique et du contrôle des budgets nationaux, la marge de manœuvre des dirigeants français pour relancer l’industrie ? Et lorsque l’on regarde les affiches électorales, on voit moins les présidentiables poser devant des hauts-fourneaux ou des centres high-tech que devant des paysages bucoliques imperturbables. En se présentant ainsi, l’UMP et le PS ciblent davantage, non pas les agriculteurs (quel poids ont-ils ?), mais les retraités, ou les habitants du péri-urbain, salariés des services pour la plupart, parmi lesquels on trouve nombre d’ex-urbains ayant fui les prix immobiliers des villes. Manque de chance, une partie de ces derniers votent FN…

(D’ailleurs, détail amusant : alors que Sarkozy avait posé sur un fond campagnard sur ses affiches de 2007 et Hollande sur celles de 2012, le candidat de l’UMP, en 2012, a présenté une affiche où il apparaissait devant un horizon marin. Cela a déclenché une vague de parodies en tous genres, alors que nul ne pense à le faire pour un fond verdoyant. Cela indique assez la force du culte de la ruralité dans une France majoritairement urbaine ou périurbaine…)

En fait, si mépris du peuple il y a à mes yeux, je le vois plus dans la symbolique du Front de Gauche. Je reconnais que j’ai certainement un biais à cet égard parce que je remarque ce que j’ai connu personnellement. Je me souviens encore de l’atroce caricature d’accent ouvrier de Marie-George Buffet (je n’ai jamais rencontre de gens qui prononcent « le pôple » comme elle). Les fureurs de Mélenchon m’insupportent, et plus encore quand je me dis qu’il s’exprime ainsi « pour faire peuple ». Dans les vidéos d’archives de la campagne de Jacques Duclos pour la présidentielle de 1969, on entend un homme qui développe calmement ses positions, a un accent prolétaire assumé mais qui ne le rend pas moins agréable à entendre. Aujourd’hui, le parti a troqué ses poètes pour la pop humano-alter-écolo-militante (ah, les congrès avec Yannick Noah en bande sonore…), et les slogans sont rédigés en mauvais français (« On lâche rien »). Pour « faire peuple », sans doute, puisque ceux qui les ont rédigés doivent penser que le peuple ne peut vraiment maîtriser la langue.

Je  ne me fais pas une idée précise de la vision que le FN a du peuple. Je sais principalement que le FN est une entreprise familiale, qui s’est « renforcée en se purgeant » comme on le dit au PCF. Le peuple est fatalement une chose assez lointaine pour la famille Le Pen, plus occupée à se protéger de ses amis proches.

De Gaulle pensait l’élection présidentielle comme la rencontre entre un homme (une personne dira-t-on, pensons aux féministes) et un peuple. Le candidat (là je n’accorde pas) apporte une vision, après avoir longuement observé la situation du pays et en ayant son histoire en perspective. Mais s’il y a rencontre entre le candidat et le peuple qui découvre son projet, alors il n’y a pas de raison que le candidat ressemble au peuple. En tout cas, ce n’est pas ce que je lui demande.

SZ: Autre chose nous assistons à des multiplications de chapelles au sein des mouvements alternatifs…or chacun passe de l’idéalisme à une sorte de pragmatisme froid, qui du coup amoindrit l’impact des actions portées. Aurait-on une autre solution?

Le gros problème de ce que l’on appelle « mouvements alternatifs » est de dire par rapport à quoi l’on est alternatif, justement. Donc, en clair, il faut s’accorder sur ce qu’est la pensée dominante. L’UPR, sur ce point, a traité assez intelligemment la chose en refusant de se prononcer sur tout ce qui ne concernait pas vraiment la souveraineté nationale (même si, lorsque l’on regarde le programme d’Asselineau de Décembre 2011, on s’aperçoit qu’il penche à gauche sur pas mal de sujets). S’il est facile de réunir des mécontents, il est beaucoup plus dur de rallier des gens sur un constat factuel et idéologique. Le projet de l’ARSIN, s’il pouvait être développé, pourrait contribuer au débat factuel. Mais il suffit de voir les débats sur le créationnisme, le 11 septembre ou les OGM pour voir que poser les faits est tout sauf évident. Et qu’il faut renoncer à réunir tout le monde autour des constats.

Je sais, pour l’avoir expérimenté, que proposer de créer une association de débat est fort peu motivant, surtout face à des gens qui attendent de monter sur des barricades. C’est pour cela que j’ai parfois employé l’expression de « fédération de débats », comme il y a une fédération de boxe : je pense que beaucoup de gens seraient ravis de voir des débats tranchés, mais aussi arbitrés, où l’arbitre aurait pour rôle de sanctionner la mauvaise ou non utilisation des sources, quelle que soit, par ailleurs, la magnificence de la rhétorique et du récit dispensés par un débatteur. Il y a une demande de « clashs » bien réelle, souvent aux conséquences malheureuses, mais la présence d’un arbitrage permettrait de pousser cette tendance à son comble (on pourrait officiellement perdre un débat, montant le suspense) tout en donnant une légitimité à la sanction : celle d’informer le public, pour lui donner plus de cartes pour apprécier les constructions théoriques des intervenants.

C’est peut-être une utopie. Je n’ai eu qu’une occasion de l’expérimenter pour l’instant, sur un sujet difficile (un débat sur le conflit syrien), où j’ai constaté de la bonne volonté pour comprendre la nécessité d’apporter des bases factuelles, mais rapidement de grandes limites pour approfondir sur les faits, faute de temps, et aussi du fait que les parties prenantes peuvent rapidement se sentir agressées. Les épistémologues ont consacré des milliers de pages pour arriver à une idée de ce qu’est un fait, une théorie, une théorie fausse, une qui ne l’est pas encore, etc… Je ne vais donc pas avoir la prétention d’arriver un jour à un arbitrage indiscutable – et d’ailleurs tant mieux, cela permettra aux arbitres de se forger une personnalité et une crédibilité propres.

Pour conclure la réponse à la question, il n’y aura pas d’unification d’un camp « alternatif » qui n’a pas d’idées communes. Mais s’il y avait une arène commune et reconnue où les idées s’affrontent et sont jugées, ce serait déjà pas mal.

SZ:Le communisme est-il encore une idée fiable? Et si oui doit-il être redéfini? Doit-on y injecter un zeste de patriotisme ou de nationalisme?

Le socialisme est avant tout une famille d’idées. Il n’est pas un plan, un mode d’emploi, et contient toujours une variété de positions, pour ou contre l’économie planifiée, pour ou contre l’Etat, la nation, le niveau d’égalité sociale dans le pays, l’adhésion à l’analyse marxiste… Sa principale définition est qu’il souhaite remplacer le pouvoir de la propriété privée (qui fatalement devient le pouvoir d’une minorité des propriétaires) sur l’économie (et par delà la politique) par le pouvoir de la société organisée démocratiquement. Quand Onfray prône le capitalisme tout en prétendant défendre le « socialisme libertaire français », je me dis qu’il ferait mieux de cesser de parler de politique. Je dis « socialisme » et non « communisme » au début de ce paragraphe, car la différence entre les deux est historique, et non idéologique à la base.

Je ne pense pas que le socialisme ait sérieusement besoin d’être redéfini. Au contraire, l’idée d’un pouvoir de décision collectif sur les projets de production décisifs me parait plus pertinente que jamais, et j’explique pourquoi dans mon dernier article sur le déclin du capitalisme (http://www.arsin.fr/blog/le-capitalisme-est-en-train-d-echouer-iv-par-pablito-waal.html). En fait, les vrais problèmes sont au nombre de deux : à quoi ressemblerait un système économique socialiste qui fonctionnerait durablement, sans même penser que ce système viendrait s’implémenter sur la réalité d’un jour à l’autre et sans différence avec ce que des manuels en auraient dit. Et ensuite, dans quelles conditions et par quelles mesures pourrait-on commencer à le tester et le proposer. Ce que je vais dire pourra sembler puéril, mais il me semble que le monde du virtuel pourrait être à la base d’expériences impactant l’économie réelle. Pour l’instant, ce sont surtout des tentatives libérales (comme le bitcoin) qui sont testées. Mais les socialistes pourraient le faire aussi : à l’heure où les économies virtuelles tendent à effacer leurs frontières avec celles du réel, notamment par le biais du jeu, pourquoi n’y aurait-il pas une économie socialiste simulée, avec des gains réels pour les gamers ? Ne serait-ce que pour voir les comportements, les déviances, les effets pervers de nos e-topies ? Je dis ça sans galéjade : bien que je m’y sois mis tard, l’informatique, la vraie, pas le fait de se connecter pour juste lire des pages ou de jouer, est aujourd’hui le moyen le plus efficace pour que des individus isolés puissent impacter le monde réel, comme Snowden et Assange l’ont illustré.

Pour ce qui est du patriotisme des socialistes au pouvoir (ce qui exclut bien entendu Hollande), ce n’est pas un problème : le socialisme internationaliste et hostile à tout intérêt national n’existe que dans les oppositions (où il peut être très nocif cependant). Fatalement, la construction du socialisme, qu’il soit vrai, donc démocratique, ou sa parodie traduite par le pouvoir d’une avant-garde et l’omniprésence de l’Etat, a intérêt à être nationaliste. Parce que, démocratie ou pas, un pouvoir collectif, dont le principal instrument est l’Etat, se justifie en agissant, fut-ce à tort. Et il a intérêt à ce que son action apparaisse comme venant de lui-même. Bien sûr, on notera que cette indépendance est vaine lorsque le régime est imposé de façon à peine couverte par une puissance étrangère, comme en Europe de l’Est entre 1945 et 1989. Mais même dans ce cas, il peut y avoir des résurgences d’indépendance nationale, comme l’a illustré Ceaucescu face à l’URSS, ou de façon plus délirante encore en Corée du Nord. Dans le cas du socialisme démocratique, lorsqu’il y a une tentative d’instauration d’une économie alternative au capitalisme comme cela a brièvement été le cas en 1981, rapidement on se retrouve à choisir entre l’appartenance à un projet transnational (la Communauté Européenne dont la traduction était le Franc fort) et le socialisme. Le PS a fait son choix en 1983, et ce n’est pas en faveur de l’épithète qu’il a dans son nom.

SZ: L’Arsin pointe une variété de blogs intéressants. Devons-nous un jour nous attendre à ce que leurs propriétaires fournissent un travail commun?

Malheureusement, mes précédentes réponses indiquent que je n’ai pas les moyens de coordonner tout ce monde. Et l’audience du site ne donne pas une masse critique suffisante, loin de là, pour inviter des blogueurs à écrire directement sur le site, comme il y a des blogs intégrés à certains journaux. Parmi les partenaires, certains discutent entre eux, se commentent sur leurs pages. C’est le cas d’Edgar, Descartes et Joe Liqueur, au moins. Mais je pense qu’ils le faisaient déjà avant l’ARSIN, dont le principal effet actuel est de présenter des articles de blog, plus ou moins commentés, à de nouveaux lecteurs.

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